CHAPITRE SECOND
AVBlfBMBlfTS AEEIViS DAlfS BORDEAUX DEPUIS LE COMMENCEMENt DU DIX-HUITIÈME SlfeCLE JUSQU*A L'AXN^E 1742.
I. Chambre de commerce créée à Bordeaux, — D. De F hiver de 1709 et de quelques autres aussi remarquables. — Ilf. Fondation de Vacadémie des sciences. — IV. Cessation dune ancienne cérémonie publique, — V. Bureau pour la négociation des billets de banque à Bordeaux. — VI. Des projets de décoration d\ine partie du port de cette ville.
Les troubles intérieurs de la France ayant pris fin , le gouvernement comprit qu'il était avantageux de s'occuper de tout ce. qui pouvait faire prospérer le commerce , en créant des établissements propres à en hâter les progrès. Par arrêt du conseil du â9 juin 1700, le roi avait formé à Paris un conseil général de commerce pour aviser aux moyens de développer et de diriger l'activité des négociants du royaume. Un établissement à peu près semblable avait originairement été créé en 1607 par Henri IV, et il dura pendant le règne de ce prince. Le cardinal de Riebelieu reprit les mêmes vues , et ce nouveau conseil cessa encore à la mort de Louis XHI. En le rétablissant par l'acte que nous venons d'indiquer, Louis XIV lui donna une extension qu'il n'avait pas encore atteinte; il mit le conseil général de commerce en rapport immédiat avec les commerçants les plus expérimentés du royaume. A cet effet, un nouvel arrêt du conseil d'état , du 30 août 1701 >
ordonna qu'il serait formé dans les dix principales villes de France (parmi lesquelles celle de Bordeaux fut comprise) des chambres de commerce composées de six membres , dont la moitié serait annuellement renouvelée par les négociants du lieu. Ces chambres furent chargées de donner des mémoires relatife au commerce local, de recevoir et d'examiner ceux qui seraient communiqués par les particuliers dans le même objet , et d'adresser le résultat de leurs travaux au conseil général de* commerce établi à Paris, lequel transmettrait ce résultat, avec ses observations , au ministre avec lequel il correspondrait.
Par le môme arrêt, les négociants de Bordeaux furent autorisés à se réunir sous la présidence de l'intendant de la province, pour donner leur avis sur la manière de pourvoir aux frais d'établissement et d'entretien de la chambre de commerce qui serait créée dans cette ville. En exécution des disposition^ de cet arrêt , les négociants s'assemblèrent le 5 septembre 1704. Ils délibérèrent qu'ils consentaient à ce qu'on affectât aux frais et dépenses de la chambre de commerce de Guienne , la somme de quatre mille quatre-vingt-six livres que le gouvernement payait annuellement aux corporations des marchands et artisans de Bordeaux, comme représentant l'intérêt d'un capital de quatre-vingt-treize mille trois cent quatre-vingts livres que ces corporations avaient donné au roi en 1697 , pour racheterles offices d'auditeurs des comptes qui avaient été créés par les arrêts du conseil des âS janvier 169S et 26 mars 1697.
Cette délibération des négociants fut homologuée par un arrêt du conseil d^'état, du â6 mai 1705, lequel prescrivit l'organisation de la chambre de commerce de cette vilk , et régla la manière d'en élire et d'en renouveler les mem-