‹ Histoire de BordeauxChapitre 26 sur 143 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

Poitou , provinces d'où celle de Guienne tirait ses blés lorsT qu'elle en manquait. Cependant le parlement de Bordeaux ayant adressé au roi des remontrances à ce sujet avait obtenu la levée de cette défense pour le temps pendant lequel la disette des grains aurait lieu dans le pays.

Le gouvernement ne borna pas à cette mesure les secours dont la province éprouvait le besoin. Il offrit de prêter trois cent mille livres à la ville de Bordeaux pour qu'elle se pourvût de blés, et y envoya à cet effet M. Bouret , fermier général , qui s'était naguère occupé avec succès d'une pareille mission en Provence. Il fut tenu à l'intendance une assemblée, où les jurats assistèrent, et dans laquelle on reconnut qu'il était urgent et indispensable de confier l'approvisionnement de la province à un fournisseur privilégié. M. Bouret fit agréer , pour être chargé de cet approvisionnement , M. Ribes , négociant de Toulouse.

Le 9 septembre de la même année, ce dernier passa un traité avec les jurats, par lequel il s'obligea de livrer à la ville de Bordeaux > dans le délai de quatre mois, la quantité de deux cent mille boisseaux de froment et de cent mille de seigle. La livraison devait être faite en quatre portions égales , et chacune d'elles payée dans le mois de leur débarquement à Bordeaux. Mais comme la valeur de tous ees grains ne pouvait pas alors être bien déterminée , il fut stipulé que les premiers cinquante mille boisseaux que fournirait M. Ribes lui seraient payés par les jurats au prix qu'il justifierait par ses factures et états de dépenses lui avoir coûté en principal , frais , intérêts d'argent , et commission ; et qu'ensuite il serait ultérieurement statué sur le surplus du prix auquel M. Ribes fournirait les deux cent cinquante mille boisseaux restants.

Cependant , soit que M. Ribes eût témoigné le désir de

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^aidjoiridi-e' cfës persètinlè^ *ï ' iplày*'^ ijftï'^aîetot^ versées dans le <;ominèffce'de§ grains , potlr coopérer àl Tentreprise d(/àt11'veiië[it'de'se éhafgèr', soît que le ptiblic manifestât êeserailitefe sur les cbancîes hasardeuses «qoe <tes ëvénetneifits imprévus 'pouv<rïent faire ôourîr à ^ettu entreprise laftciu'eîlè h'était confiée qu'à un seul homme , rautefité résoïWdë chercher à procurer plus de* garantie à Inexécution du traité du 9 septembre, eu y faisant concourir divers întéressési En consé<ïuence , une assemblée^de' trêâle principaux négociants de Bordeaux ftrt formée à rinteudance , et ils furent invités à s*associer avec M. itiBes. Après plusieurs conférences^ huit de des négoeianls cdn*sentfrent à se charger, conjointement avec ce dernier, de rexéculîon du traité qu'il avait passé aveo les jtirats. Il en féft conclu un nouveau , le iS du même mois , par lequel, ^ans abroger le précédent , on y ajouta de nouvelles dis* positions. Elles portaient qu'au lieu des conditions^ évén<tuelles stipulées dans le marché donelu avec M. Ribes', 51 «erait payé à la nouvelle compagnie d'approvisionmen "ttiient quinze sous par boisseau de froment ^t douzesous p«r boisseau de seigle au-dessus du prix de facture , peur Ses peines, soiiiSi commissions, et intérêts de fonds par elle avancés, à raison des grains qu'elle introduirait à Bo^ deaux , outre le remboursement qu'on lui ferait 4e ses achats en principal, transports et autres fraîs'accessoire^; que les grains par elle fournis seraient visités et appréciés , à leur arrivée à Bordeaux, par des courtiers ; que les jurais fixeraient le prix auquel ces grains seraient vendus au peuple; que la compagnie se chargerait, sans aucune rétribution , de cette vente , dont elle prendrait le produit pour à-compte sur ses avances ; qu'elle fournirait tous les jours à l'intendant et aux jurais le bôMèréau de' ses diverses

i^lièri9»)i9nti salcléei ao, ri*'", avrili?^ „ il 1^^ j^ep^t. ^Jjif^ demi pool c^ 4iair ,rmia, <de xçiUMPd 4yi p^om^fit; ^^a »9t <ciré^«Q>,. jusqu'à fson cembaurs€(9»e9t.fléfiaittf, dp^t.le teiwo. ne pamnrak .^tte.proro^^é a^p^ ,4^^: 4a 4^ :i^V3)9ir vaAts tebiqu'^D^n le eonU'âWur ^énér^ de» finance efr fbct«^aU41a.<?ompagivie;le prêt dç troU,cant,9ÛUe livrai qn'U avait fait <>ffrir par M . Pouret , lequel pxèt elle â'obligeaÂI de remboitraer par tout avril suivant. . Dès que l'autorité fut informée de la. mise Qu n^er des cargas^ons de grains dirigées sur Bordeaux» elle ^t divers règlemeuts pour détenmiuer les lieux et heures ajk ces grains seraient emmagasinés et vendus» et pour régularMer )& mode des veoies q\ii en seraient effectuées. Il fut 9X^ rété^neles agents -de la commission d'approvisionnement ne délivreraient des grains pour Bordeaux qu'aux bPAlangers pour leun veoate locale bien eonnue , et aux babi^ tants.qui seraient munis d'une autorisation. délivrée, pfgr les jurats, et peur la quantité d'un demi-boisseau par chaque, famille , ettque dans le restant de la province xette livraison serait faite aux délégués des communes urbaines et purales t sur la demande des officiers municipaux et des ayndics despajroisses» en proportion des besoins dûment eepstatés. Ces {urécautions étaient prises afin de répartir convenablement les subsistances , et d'empécber qu'elles n'augmentassent de prix. en devenant l'objet despéculations clandestines. Quej^que sages que fussent ces règlements, ils trauvèrent des improbateurs non-seulement parmi les personnes lesplus<îapables.de les apprécier» et dontcer-taiqes. regrettaient. de: n>vQlr pa» été. appelas à les faire ou à' diriger l'opératîoA « uii ei|,é^it^T^^J^^^ ^ Biais, ^npore

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parmi le peuple auquel il est souvent diifioîie de ftâre accepter le bien qu'on lui procure.

Quoi qu'il en soit, les fonctionnaire» publics de Bordeaux joignirent les n103rens.de rautorllé nux ctollicitudes de la bienfaisance > pour économiser les subaistanceé de leurs concitoyens et adouoir en même temps le sort de ceux qui ne pouvaient pas s'en procurer. Le S4 février 1748, le parlement rendit un arrêt qui ordonnait aux mendiants étrangers de sortir de Bordeaux et de se retirer dans le lieu de leur naissance pour y recevoir les secours des habitants. Ces demies farent en ^i&ne tempsr autorisés à s'assembler pour aviser aux moyens de donner ces secours aux indigents du lieu. Le commandant de la province, l'intendant, et l'archevêque, assistèrent à la séance dans laquelle cet arrêt fut prononcé. 11 est probable qu'ils ^occupèrent des mesures propres à en faciliter l'exécution par tous les moyens qui dépendaient de chacun d'eus. Le surlendemain , la même cour arrêta qu'une collecte serait faite parmi ses membres, à l'effet de tenir à la dispositien des curés de Bordeaux, pendant la durée de la &Dii»e, une somme de deux mille livres par mois, qui serait distribuée aux habitants les plus nécessiteux.

Dans le même temps , l'intendant ayant reeënna que les grains qui restaient en magasin élaiait insulfisanls pour las besoins publies , chargea la compagnie de faire venir une quantité d'environ quinze à vingt mille boisseaux de froment, et de cent à cent dix mille boisseaux de seigle: Pour augmenter cette quantité en cas d'insuffisance , les jurats prirent une dâibération le IS avril, pour inviter les négociants delà ville à y importer les grains qu'ik pour-» raient se procurer incessamment, offrant de les acheter pour la ville aux conditions déjà feites avec la compagnie

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d'apprevi^iouiement. Cette invitalîoii n'dblint aucua résultai.

De 8oiic6lé, le parlement adressa des remontrances au roi( pour le supplier de vouloir Inen autoriser les négociants de Bordeaux à faire venir dans ce port les grains du Quercy et du Languedoc , qui ne seraient pas nécessaires à la subsistance des troupes cantonnées dans ces pis^vinces. Legouvernement sebornaà permettre qu'il fù% exporté de la Provence une certaine quantité de fèves et de riz ; mais cette permission devint d'une très-faible ressource pour le pays.

Pendant que M. de Tourny concourait par ses sacrifices personnels et par l'autorité attachée à sa place à activer les diverses mesures de bienfaisance ei d'ordre public que commandaient les circonstances , sa conduite administrative devint l'objet des plus odieux soupçons. Elle trouva surtout des détracteurs dans le parlement. On ne voyait que trop cette magistrature se montrer jalouse de l'autorité qui était confiée aux intendants pour l'exécution immédiate des ordres du roi , parce que ceux-ci exerçaient dans les provinces où ils étaient départis la haute police que les cours souveraines s'attribuaient. La rivalité du pouvoir n'a pas toujours produit la rivalité du zèle pour le bien public parmi les fonctionnaires des divers ordres. Bien différent d&ses prédécesseui*s, lesquels dans le moindre cas, s'écariant de la règle commune , ne se décidaient que d'après l'avis du parlement, M. de Tourny avait dédaigné de le consulter ; et même dans certaines opérations d'administration générale il avait contrarié les vues de cette cour et froissé les intérêts de plusieurs de ses membres. Elle ne lui pardonna jamais ce qu'elle regardait comme un manque d'égards et de déférence.

Dans la circonstance actuelle, le parlement se persuada

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q[ua^Q l>ojls3eaiix de froment, dcjfix cent vingt-trois mille Iroi^ cept soixante dix-neuf boisseaux <)e seigle, el qu'il lui restait en grenier trois mille sept cent trenlê-quatre ))oisseaux de, froment et deux mille quatre cent soixantepnze boisseaux de seigle, dont elle fit en même temps abandon à la ville. Les jurats acceptèrent cet abandon le ^6 du même mois. Le compte rendu par la compaguie prouvait qu'elle avait employé en achat de grains et frais accessoires pour Tapprovisionnement de Bordeaux et de la j^rovince , une somme de deux millions six cent vingt-deux mille sept cent quatre-vingt-dix-sept livres dix-neuf sous trois deniers, sur laquelle lelle avait reçu entr'antres la somme de neuf cent vingt-six mille huit cent quatre-vingtcinq livres neuf sous, provenant de la vente de ces mêmes grains.

Pour parvenir à payer à la compagnie d'approvisjonnement ce qui lui restait dû par l'administration municipale, et surtout pour couvrir les pertes que. la ville avait faites dans cette opération , le conseil d'état rendit deux arrêts , l'un du 8 octobre 1748 et l'autre du 10 du même mpis. Par le premier , il ordonna que les deux tiers de la somme à laquelle se trouverait monter la perte faite sur les grains achetés par, la compagnie d'approvisionnement serîaiient acquittés par une imposition sur les cinq élections dç la généralité de Bordeaux. Il était dans l'ordre que les habitants des contrées qui, pendant le temps de la disette, avaient reçu les subsistances qui leur manquaient , contribuassent à rembourser leur quote-part dans la différence existante entre le prix réel que coûtaient ces subsistances et celui auquel elles leur avaient été livrées conditionnellement. L'autre arrêt, basé sur les mêmes motifs, autorisait l'administration municipale de Bordeaux à lever.

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