‹ Histoire de BordeauxChapitre 38 sur 143 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

laquelle elles s'étaient élevées lors du débordement de 1827. Elles auraient pu cependant inonder les. quais s'ils n'avaient pas été exhaussés et élarg[is par rencaissement de la rivière qu'on a fait depuis quelques années , et qui a agrandi les abords du port pour y faciliter les mouvements du commerce.

Les bords de la Garonne , dans toute l'étendue de son cours , ont éprouvé des ravages incalculables par suite de ces inondations (*). Elles ne proviennent pas uniquement des fortes pluies survenues , mais bien de la grande fonte des neiges et des glaces , lorsqu'elle s'opère subitement dans les Pyrénées, dont le déboisement s'étend tous les jours et rend cette fonte plus fréquente et plus considé'rable.

Tous les parlements prirent une part active aux discussions suscitées par celui de Bretagne , à l'occasion des abus^ d'autorité qu'ils prétendaient que le duc d'Aiguillon avait commis dans cette province pendant qu'il y commanda. Les débats qu'entraîna cette affaire furent funestes à ces cours, et elles aggravèrent leurs torts envers le ministère qui protégeait ce commandant, en refusant d'enregistrer divers édits bursaux qu'on imagina pour parer au désordre

(*) On a marqué sur une maison du port de Langon la mesure des hauteurs auxquelles les eaux se sont élevées dans les grands débordements de la Garonne. Ils sont placés dans un ordre descendant , ainsi qu'il suit : !<> le 7 avril 1770. — 2« le 30 janvier 1791. — 3o le 2 juin 4835. — 4o le 24 mai 1827. — 5o le 11 février 1867. — 6o le 6 février 1833. — 7« le 17 février 1811. — 8o le 9 janvier 1826. — 9o le 30 avril 1837.

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des finances. Dès lors le gouvernement conçut le projet de ^e débarrasser de ce qu'il appelait le contrôle importun de la rohinocratie, en reconstituant la magistrature de manière à ce qu'elle fût dans l'impuissance de lui être hostile. Il frappa un des plus violents coups d'état que le despotisme eût encore osé tenter en France.

Dans un lit de justice tenu à Versailles le 17 avril 1771 , le roi supprima les offices de tous les parlements , et ordonna que les titulaires en seraient remboursés du prix ; qu'il en serait créé de nouveaux , mais en moitié nombre des anciens, et que ces offices seraient conférés, sans prix de finance, à des magistrats qui distribueraient gratuite- .ment la justice.

Les conséquences de cette mesure séduisirent d'abord le peuple , parce qu'on lui promettait l'abréviation des procès et la diminution de leurs frais, en supprimant certains tribunaux inférieurs, en élevant la compétence de plusieurs autres, et en défendant aux nouveaux magistrats d'exiger des épices. Cependant il était évident que le gouvernement n'en voulait qu'aux seuls parlements qui ne s'étaient pas montrés dociles à ses volontés ; car la vénalité des charges et l'abus des épices n'en subsistèrent pas moins dans tous les autres tribunaux , et les formes de la procédure ne furent nullement abrégées.

La reconstitution de la magistrature parlementaire s'effectua successivement sans aucune difficulté dans toutes les provinces. A Bordeaux , le maréchal de Richelieu , assisté de rintendant de la généralité, vint au parlement le k septembre 1771 , et y fit] enregis rer , du très-exprès commandement du roi, un édit du mois précédent, portant suppression et remboursement des offices de cette cour. H fit sortir immédiatement du lieu de leur^ séances

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