‹ Histoire de BordeauxChapitre 44 sur 143 · CHAPITRE QUÀTRIEAIË · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUÀTRIEAIË

eour dés aides , cette cour enjoignit aux jurats de convoquer, sous huit jours, l'assemblée des cent-trente^ dont la réunion était unanimement demandée. Le 24 janvier 17S9, les jurats ordonnèrent cette convocation ; mais le surlendemain elle fut défendue par le commandant de la province, qui dit avoir reçu des ordres du ministre pour empêcher de tenir cette assemblée , ainsi que celle des notables. On ne doit pas s'étonner que le gouvernement s'opposât à l'exercice des privilèges d'une ville , puisqu'il résistait à la demande que la nation faisait entendre pour obtenir la réunion des états généraux du royaume , dont l'existence était inhérente à la monarchie.

Cependant au bout de quelque temps on laissa les centtrente se rassembler; mais ce fut pour se jouer de leurs délibérations. Le parlement , au retour de son exil à Libourne, avait ordonné leur convocation ; et le 2 décembre , , l'assemblée des cent-trente commença ses opérations. La principale fut le renouvellement en entier de l'administration municipale, dont tous les membres exerçaient leurs charges d'une manière extra-légale. Des six jurats qui avaient été sucicessivement continués dansfleurs fonctions, en vertu de lettres de cachet , trois seulement avaient consenti à les occuper. L'un d'eux cumulait avec ses fonctions ordinaires celle de clerc-secrétaire de la ville , dont le titulaire avait été nomméj^procureur-syndic par le gouvernement, quoique ces deux places fussent également électives. Cet abus devenait nuisible au service public autant que contraire aux usages : l'assemblée des cent-trente voulut le faire cesser. Elle présenta au choix du roi les candidats qu'elle avait le droit et le devoir d'élire pour former le corps municipal. La délibération qu'elle avait prise à ce sujet fut cassée par un arrêt du conseil d'élat du 9i

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février 1789 , et la jurade maintenue dans son état incçm* plet et illégal , tandis que tous les habitants demandaient hautement sa recomposition» On devait d'autant moins croire qu'elle serait refusée par le gouvernement « qu'il venait d'annoncer qu'il désirait le rétablissement de l'ordre légal , en cédant aux vœux des Français par la convocation des états généraux. Ici les faits contredisaient évidemment les principes.

Le même jour où le roi faisait publier , dans un lit d^ justice à Versailles , différents édits relatifs aux plus hautes matières d'administration générale , ces mêmes édits étaiont présentés à toutes les cours supérieures du royaume pour y être enregistrés sur-le-champ. Jusqu'alors il ne leur avait pas été envoyé simultanément une aussi grande masse d'actes législatife. Uue journée suffisait à peine à leur simple lecture, et cependant il était enjoint aux magistrats d'en délibérer immédiatement et sans désem-; parer. On jugera de l'importance de ces édits par la seule indication sommaire de' leur titre.

1^ Prorogation du second vingtième jusqu'en 1793.

^ Ëxp(Mrtation et commerce libre des grains.

5^ Rachat des corvées et leur prestation en argent.

4^ Etat civil des protestants régularisé.

5^ Etablissements des assemblées provinciales.

6" Droit d'ancrage sur les rivières navigables.

7® Compétence des présidiaux élevée à quatre mille livres en dernier ressort.

8° Création de nouveaux tribunaux appelés grands baû-

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