CHAPITRE QUATRIEME. 16i
Teil fût ajournée à un temps plus opportun , et qu'eu ce moment il fallait ^ borner à imiter ce géjnéreux patriote dans son amour pour la liberté, en s'occupant à déjouer les complots de la malveillance , sous le patronage des hommes sages qui avaient choisi les députés de cette ville à rassemblée nationale. Pour arriver à ce but, Toratenr proposa d'activer l'armement que Ton demandait, en dé^ Siignant par acclamation deux commissaires de chaque paroisse qui se rendraient immédiatement auprès des électeurs des communes , afin de les inviter au nom du bien public à diriger l'élan patriotique des habitants, et à rédiger un règ^^ient d'après lequel ils s'enrégimenteraient dès le lendemain.
Ces diverses propositions ayant été universellement ac cueillies , on procéda sur-le-champ à leur exécution ; et l'assemblée se sépara satisfaite de la détermination qu'elle venait de prendre et à laquelle le salut de la patrie lui paraissait attaché.
Les co^mmissaires de la grande réunion patriotique du Jardin Public, conformément à la proposition qu'elle avait agréée, s'empressèrent de transmettre le vœu de la cité aux quatre-vingt-dix électeurs des communes qu'ils trouvèrent réunis à l'Hôtel de Ville. Ceux-ci , déférant à l'honorable invitation de leurs concitoyeus , se constituèrent immédiatement en assemblée délibérante. Ils déclarèrent , p$ir un arrêté qui fut publié , qu'ils acceptaient la mission qui leur était confiée, de pourvoir aux soins que nécessitaient ks circonstances pour la défense commune et le maintien du bon ordre de la ville ; qu'à cet effet , ils se borneront à proposer les mesures que ces mêmes circonstances paraîtront exiger, en usant seulement de la voie de l'invitation , n'ayant aucune juridiction ; et qu'afin d'accélérer Tarit
tf^rdih'PttblidV ite allalents\)oeof ené^m^règlevieâl prdiil-
' sofire po<ip4a'fÀriiia(foii de Térméè fiaftiâotiqiie boréelaÎBiï,
et ^"^ilÉ 'm 'eilverraiem Je le riàfinaffii -des 'ejuamplaiires. aux
k^éHâiMsqiKs'iet^liàbiUKtttsIo&tajoBrDéëaj';) . ••;{ )}>••.
' iOti ne s»tit^iC*)tsdez louer IdéétermtnatioB^oïKédiiréeqoe
1«6 éléelèiirb -^ir«it daw vfÉit conjaaictttvef fii> délkûte ,
âiH^ (^ là' éodduttê prudente qu'ite titerent peiidsrilt le
fèttipj (in^lfH edûcouràr^t à'tout éé ^ui péwraift*éti»<iilile
'à-l6mst;(miât(yyens. Un eèle aussi déaintéressé fotîFéeom-
f)«û&ié ^{liâviine déféveueelaplus^ illiinitée; Bien différents
dés coi^pé qui éoogiefit tou|eiir6 À* étendre leuroempétence,
le9 élcfdteiirs'se waiittiûrent oeti8tà«^Hiieiil'daB84es l^bmes
du «laddât 4jpik^ venaient de recevoii?, eii ne 'S'beout>ant
que' ^e 1' crr^a(ttisMioo et de la destinàtioii 'de k'gâcde mi-
tienate . Simples conseils de la dté ^ ils en^ laîlisèreBt Tad-
«dinistraftlon ^ ses aticieiis magistrat». 'Sii^UcUqqefeisiils
consentirent à pai'tager a?ee ees derdlerdkseFtaines>pavtiès
des éharges publiques pour en alléger le fsvdeav^maoélé-
rer les' moyens d'exéeutidn dàDS* Ti^Àtérét géfliéral'^' Ils
n'emf^kyèredt ni le langage du eommandenaièiittiri -les
Yôies 0ûertiti^e$t c)ue prœerit la loi dont ils lexpliqUai^M
ait'bescSn le sens aux citoyens , en les iirritant patemdile-
menti y >6béir. fi y a plus : ils consentirent à'ossssterïde
Taotivilé de legrs' soins et de leur zèle TaiiBlnistraÉîon
knùniciipale} et à la protéger en quelqucsorte par la>ooii-
sidération dont ils jouissaient, tahdii qu'ils pbuvaiènise
regarder comme appelés à la remplacer. * «'• • -v
Rn effot , si les électeurs mirent du désintérèsaemeiH^ et
de la modération dans l'usage du pouvoirqui l^t* lut eon- i
*fié par le peuple bordelais , ' et ' ^^iis etercèifenii péndfant ,
Irait mois; cehii-ci montra une étrange longanitmté^par ,
/ OBAiNTtB «HnWrâttB. 163
h'TësohsIÉaA' qn-HI -adopta* dAtia 'l'aasetolil6a'd« Jovdin -Pulilie. 11 s'y était réuni pour <%aminer e& que IçsicireonstsBee^ lui «ommandatent ^ faîne' pour l'\avaatAge 4e la cité. PouvaiUil «oUier (foe les jftratS'^s.erQabiit illégale- . ment leurs fonctions; que Fassalitbléo de» -cmt-trente avaii'âélâséffé'leurreiiii^acementf, et^fufi leurs priuolpes elletH^'caBduiÉe les avaient «voaés à i'^itwadv^mo» générale fli^embiée populalre>du Jardin* Bublic d^ait pro- (slamei* fërmeUemetAl leur destilulÂon , .et consfier V^dmi- Bîstratlon municipale aux électewis, ainai que le peaple Tenait de le faire à Piâris. Les Bordelais ne pnireAt qu'une demi^me&are en associant on sous^-ordre des eitoyens respectables à une tttgistratiire totalement déconsidérée. • SansraprèsHuifi du ili juiltet les babUâwts de Bordeaux M état .de pbrter les armes se réunirent en foule dans les églîsesdo leurs paroisses respectives pour s'enfégimenter, ainsi* «|ii'jb en étaient convenus dan^ l'aasemtdée po))u^ Ifiine de 'lattveille. Le& élooteurs firent parvenir è ces diverses rénniom-le "règlement provisoire qui leur avait été di5niaiidé^pouiria formation deis ré^mônts patriotique de Fanuée bordelaise. On appela aiosi la garde natiOiaale de •Bordeaux- ju^u'à son organisation' légale. Cette milice iSitoyenne s'organisa avec autant de calme que d'eaAboubiasme; eé avant la fin du jour» doifto- mille hommes enorégimèntés allèrent se mettre à la disposition des électeurs), qui pourvurent de suite à tout ce qu'exigeait la garde de la ^llle* Le lendemain , tous les régiments complétèrent leur état-major, et leur service fut régulavisé^ de telle façon qu'indépendamment des patrouilles ,qu'avait faites jusqu'alors la troupe bourgeoise, il fut étab\l de^ postai >e:xtraordi|]^ipres de garde permanente, pour surveillerJe.pBssage des voyageurs et les attroupements
164 HISTOIfiE DE BORDEAUX.
qui pourraient survenir. Ce service se fit^vec autant d'ordre que de zèle.
Lors de sa formation , la garde nationale bordelaise n'avait pu être armée que' de fusils de chasse ou de ceux qui se trouvèrent dans Tarsenal de THôtel de VîUb pour Tusage des troupes boui^eoises. Ces armes étaient insuffisantes. Un événement bien extraordinaire en procura de nouvelles. Pour bâter l'armement de tous les Français , une réunion patriotique qui existait à Versailles sous le nom de Club Breton , imagina de faire le même jour répandre le bruit dans les principales villes du royaume , que des colonnes de brigands armés le parcouraient en divers sens pour détruire les récoltes. Un pareil bruit n'eût pas résisté au plus léger examen dans un temps ordinaire; mais son absurdité ne trouva alors aucun contsadicteur, parce que tout se dit , se croit, et se craint dans des moments d'agitation et de troubles. Le 29 juillet , ce bruit parvint à Bordeaux. On y disait que .des brigands dévastateurs ^^avançaient vers cette ville , et qu'ils étaient déjà i Angouléme. L'alarme devint générale. Pour savoir si elle était fondée, l'assemblée des électeurs de Bordeaux expédia un courrier à Angouléme : il en rapporta une attestation délivrée par le comité mv/nicipal (^) de cette dernière ville, portant que la tranquillité la plus parfaite y régnait, ainsi qup dans les environs , où cependant circulait un sembla-
(*) On appelait ainsi les nouvelles municipalités que le peuple substitua aui anciennes , même dans les communes rurales, où il n*y avait auparavaul qu'un syndic que nommait Tintendant, et dont les fonctions se bornaient à dresser l'état des hommes appelés au tirage au sort pour la milice, à la confection du r61e des impoi itions et à leur perception. Ces comités municipaux contribuèrent beaucoup au maintien de la tranquillité publique.