CHAPITRE CINQUIÈME
furent dans l'épouvante à la nouvelle de ee (Jécret. 11 at» teignait un vingtième de la population de ce département ; car les membres de la commission populaire n'étaient pas les seuls qui fussent mis hors de la loi. La même peine était prononcée contre tout citoyen qui avait adhéré à ses actes. Cependant personne n'ignorait que le projet de la force départementale avait été conçu dans le sein de la société populaire des Amis de la liberté , et qu'ensuite elle l'avait appuyé de toute son ii^uence à Bordeaux. Elle avait ostensiblement instlgué les sections de cette ville à se déclarer en insurrection contre les Montagnards de Paris , et envoya même une députation à la commission populaire pour l'inviter à rest^ à son poste , au moment où celle-ci venait de délibérer de se dissoudre même spontanément.
Au reste, l'institution de la force départementale projetée était entourée de toute sorte de dangers dans sa mise en activité. Cette mesure n'offrait que des chances douteuses , même alors qu'elle aurait été adoptée par tous les départements. En effet, quand leurs détachements partiels se seraient rendus à Paris , ils pouvaient facilement êlre dispersés par les régiments en garnison sur la route , qui étaient tous aux ordres de la convention. En supposant que ces détachements pussent arriver sans encombre dans la capitale, au nombre de trente mille hommes, la faction qui y dominait , et qui avait déjà prouvé que le peuple de cette ville était dévoué à ses ordres, l'aurait lancé sur ces forces partielles qui en auraient été écrasées. Ce n'était pas une force armée qu'il convenait d'envoyer à Paris pour comprimer les factieux , c'était une force d'inertie qu'il fallait leur opposer. Les départements eussent agi plus utilement en déclarant à la convention , qu'ayant rempli sa mission ,
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qtrff étdHi le iprMé» dtf roiv ils trappetairât iletirs -ééiMilés qui sMiS' doute n^âttr&ienl {>â8 héetté'de retourner dans leurs fojEBTs. C'était la mesure qu'avait; insinuée Vergniaud Sans )sa teUre au dub de Bdvdemix^i en disant: Faites qu^on nous retire nos pouvoirs.
La (action des anarcfaisles triomphait : elle était parvenue à faire prôscrîre les députés qui avaient osé loi résister, à destituer le» administrateurs probes, et àintiialder les dtoyens paisibles^ en déebainant contre eux une multitude démoralisée. Cependant le régime de la tebreiir n'était pas encore -organisé à Bordeaux. Pour-y pavvenir, deux membres de la convention furent envoyés dane* cette ville y «ous prétexte d'y poursuivre rexéeiiÉion>da; décret du 6 août, qui ne pouvait plus recevoir d'appUoa(ion4p«i$n que la commission populaire dont il avait anéanti '1^ actes n'existait pas lorsqu'il fut rendn. > i i
Ysabeau et Baudot, membres de la conventiony nommés ses commissaires i Bordeaux ,'< arrivèrent doué t^lte vMle le tS-aoùt 4795* Leur mission dut les yfad^ voirde'mtsinvais œil. Aussi farent-ils' accueillis parles munnuées Mr les promenades et aux s^ieotacles. Cependant là? muniéîpalîté ne put se <itspeiiser de leur rendre visite* Ëlte lée^tïria diassister'à uneséan«e du oonseil munidpiai , daas^laiqacïle il devait être question des subsistances •qui eommençaâent à devenir rares dans cette ville, et qu'ils annençaôent être If objet principal' de leur mission. Cette : séance «ut lieu publiquement et liit:trè»i-agîfée;i>eS' envoyés des seotiens elMméme.de'laîseciélé'^des^iAmis doi là liberté s'y présentèrent et firent aux commissaines âetlacooreii-
lî»ii'd3solB6rvaUQd9<9én^ros.surJes^alarn(esrq«i^q$picai9fit aoBi wrais amis dd •la.paliie-la^ dmensians (faiesislaloiit au seiM de lia peprésenlatioB iiatiouaJbe« etsur Texagération d69 prlneîpea ciB'affithadeiit dans Paris le» honmes qui la dominaient.
L'irritation que le^ commissaires remarquèrent dans cette séance les détermina è ^n abréger la durée. Ils déclarèrent ensuite à la municipalité qu'ils avaient résolu de . quitter fiuivle-champ Bordeaux ; >et,eomiiie la nuU était avaiioée , ils demandèrent qu'il lenr f(kt fourni une gajrde J4i8<|i>'aux extrémités, de la commune^ La munieipalité défera à leur-demande ; et pour prouver combien peu. étaieot fondées les craintes qu'ils laissaietit entrevoir « .rile. offrit de leur servir de cortège: Ils sortirent de .l'Hôtel de Ville au- point «du jour ^ eeeortésid'un détaoheifteBti de .cavalerie delà garde saiionale'el d'aoe>députaiUon dp ;la muniei- |iaUtév4[ui nples^quHta qu'âii poot de.Ja l^ye « ou ils congédiëirenti leur i^corte.
Il faut le dire avec la firanohise (fue commande la- vérité hiatoiique : ou manqua auxiconveii^neea enive«s^ laacDm- «misaairesëe la convention. PottrsuivisideelameucsbrHyaiites^daoïs les lieux publics où: ces eQmmissairaa sïb tptéseataieiit < ils liunent ensuite troublés dans: lemr'deiBuiureyfà l'àèlel delà Providence ; et loraqu'jlfi Yineeuit à la munieipaUtéi elle demeura inerte en pnésenee>4^^i^^^^ ^^ sedtons^ du club, qui n'avaient pas le droit •d';aaslater>à nue séance destinée à une diseuwîon adaiifiisitrairve« Lorsque les commissaires quittèrent Boi^deaux , la cortège qui les aecoffipagnait n'eanpécha pas les attein|les>d'uneîeannsae ardente qui effaça 4e& emblèmes : peints, an? li^ panneaux de leur voiture ^ sous pvétexte qu'ils rapt^kieiit les écossons de l'anoienne noblesse. Si dans ces cipeenstances
rirritatioD populaire avait son excuse dans Tétat d'agitation où se trouvait BordeauJiL, il n'est pas moins vrai qu'on eut des torts à l'égard des Commissaires /et que de leur côté 'oes dertrierd éxâigérèirent ceslo^rts et en tirëretrt une cruelle Ve^eâti4^: ' *
En quittàYtt BôHl^atik , les Abûx représentants se rendirent immédiatement à La Réoie poury attendre de nouvelles- insfra^diis' de la convenfion. On doit présumer qu^ils lui defmandèrent d'être autorisés à employer des mesures de rigueur dans l'exéeutîon de leur mission , si l'on en juge par le rapport qu'ils publièrent sur ce qu'ils prétendaient leur être arrivé i Bordeaux pendant qu'ils y avaient séjourné. Us disaient dans cet écrit; que non-seulement on les avait abreuvés d'outrages danè cette Ville, mais encore que leur vie y avait été menacée. Les faits et les propos dont ils étaient l'objet , présentés âVeè une malveillante animosité r servirent dç prétexte à la première allégation ; la seconde était une infiâme ealonlnîe. Cependant ces allégations que personne n'osa contredite donnèrent lîeii aux accusations dirigées contré les Bordelais, que la faction de la Montagne peignait comme âes contrerévolutionnaires coupables de lèse-majesté nationale. Aussitôt cette faction fit adjoindre aux précédents commissaires de la convention deux de leurs collègues , Talliefn et Chaudron-Rousseau. Ils furent cbargés de faire exécuter strictement le décret du 6 août et dlntrodnîre à Bordeaux les mesures révolutionnaires et le régime de la terreur dont on commençait à faire le funeste essai eu France.
Ces quatre députés , cantonnés à La Réole , s'occupèrent immédiatement des moyens d'accomplir leur mission dans le départem^t de la Gironde , en dirigeant de là leurs me* sures sur Bordeaux. Us n'ignoraient pas que la disette des
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graine è*y iiianifeslftit , ei que cette ville a^a'lt fermé lin comité d'approvisioQnemefit dont les agents faisaient des achats de subsistances dans les départeitients w^isins. Les députés-conunissaires écrivirent aux aalorités de ces départements pour qu'elles empêchassent de consommer ces achats , qui> disàient-ib » tendaient à servir les projets des coupables fédéralistes de la Gironde. En même temps leurs émissaires de Bordeaux publièrent que tant que les commissaires de la convention se tiendraient éloignés de cette ville , elle manqu^ait desubsists^nces , qui pouvaient en être détournéesou y arriver seulement par leurs ordres; qu'il convenait que les sections envoyassent vers eux pour les supplier devenir fixer leur résidence dans le chef4ieu, en les assurant que les habitants étaient disposés à les re^ ceyoir avec le respect et la soumission qui étaient dus aux représentants du peuple. Ces insinuations eurent un plein succès dans les vues secrètes dés commissaires, et déterminèrent l'envoi ^ccessif des députa tiens que tes sections de cette viile dépéchèrent vers eux à La Réole. Us répondirent qu'ils ne pouvaient se transporter à Bordeaux tant que les fédéralistes y commanderaient. Les envoyés d'une seule section leur annoncèrent qu'ils comprenaient toute la portée de cette réponse, et promirent qu'ils sauraient s'y conformer.
Cette section, dite de Francklin, se faisait remarquer entre les autres pat l'exagération des principes démagogiques que professaient les hommes qui dirigeaient ses délibérations. Elle se formait d'une grande partie du fau* boui^ Saint-Seprin, dont presque tous les habîtantsétaient aldrs des petits artisans ou des gens de journée. Cette plèbe turbulente et faeîle à séduire rappekiit les ormistes du temps de la Fronde. La section Francklin , pour com-
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mencer à rempUfles engagements secrets que ses meneurs avaient pris avec les commissaires de la convention , se pori^ en masse à THôtel de Ville le 9 septembre 4793 , et, somma la n^unicip^ité d'avoir à exécuter dans le délai de yingt-qiiatre l^ei^re» le décret rendu contre 1^ mem- |>rcs de la commission populaire, déclarant aux magistrats as^mblé^ que faute par eux de déférer à cette somn^ation^ la section se réunirait aux.autres républicains de Bordeaux pqur exécuter ce décret.
JLes vingt*sept autres sections et la municipalité ayant parti peu affectées de cette démarche hardie, ceu^ qui la faisaient renoncèrent en apparence à y donner suite; mais ils se renforcèrent par un coup de main plus audacieux qui rentrait dans leurs vues. Le il du même mois, la section Francklin se porta au Château-Trompette , où elle s'empara d'upe pièce de canon et de quelques munitions, sous prétexte de tirer de salves d'artillerie à l'occasion de la fête funéraire de Marat , qu^elle voulait célébrer le lendemain. Ce canon chargé à mitraille fut établi de^ yant la porte du grand séminaire , aujourd'hui hôtel de la Monnaie (*) , où se réunissait la section» afin d'en protéger les assemblées. Ce local était devenu une place d'armes d'une nouvelle espèce , dans lequel se rassemblaient, presque toujours dans la nuit , des hommes connus par l'exagération de leurs principes politiques , ainsi que les émissaires des commissaires de la convention qui continuaieQt à se tenir en observation à La Réole.
Le résultat des conciliabules de cette section d'agitateurs ne tarda psjs à être connu. Le 16 septembre , elle fit de-
ini$s^ir«s de la cc^dy^ of^on et de Içur premier coinité,de survc^llapoe.