‹ Histoire de BordeauxChapitre 52 sur 143 · CHAPITRE GINQUIÉMB · texte numérisé non relu

CHAPITRE GINQUIÉMB

mander aux autr^ sections 4e nommer des commissaires, qui se réuniraient à elle , pour conférer sur les moyens de mettre fin à Tespèqe d'anxiétédanslaquello se trouvait Bordeaux , et surtout de faire ces^r Fétat de disette de cette ville , état réel dont la faction faisait une panique pour séduire le peuple. Dans cette réunion qui assura le triomphe du parti de la Montagne , on décida, comme mesure urgente de salut public , qu'on ferait prendre simultanément aux sections une délibération portant cassation de la municipalité et son remplacement immédiat par deux commissaires qui seraient en même temps élus par chaque section. Afin que cette mesure n'éprouvât aucun obstacle , le bataillon ^t la garde nationale de la section Francklin fut autorisé à aller sur-le-champ relever tous les postes occupés par la garde nationale des autres sections^ et à y faire le service de jour et de nuit« jusqu'à nouvel ordre.

Ici commencent à Bordeaux les premiers actes du gouvernement de la terreur qui ensanglanta la France pendant deux ans , régime jusqu'alors sans exemple dans les fiiistes du monde ,. crise monstrueuse dans ses effets , et surtout inexplicable dans sa subite origine , au souvenir de laquelle restent encore saisis d'épouvante l'historien comme le publiciste , le magistrat comme le simple citoyen. I^e 18 septembre au matin, toutes les sections furent assemblées extraordinairemept pour délibérer sur les propositions qui avaient été arrêtées dans les assemblées tenues par leurs commissaires réunis sur la demande de la section Francklin. Ces propositions furent adoptées de confiance, ou plutôt par la crainte qu'inspiraient ceux qui les avaient formulées, et dont la prépondérance avait grandi avec leur audace. Chaque section nonlma sur-ïe-

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champ ses deiipc coipiiiissiairç$,^qui dev^ie^l çoncouTir à consommer la, pirp^iip^ou de I^ municipalité légale. Ils sq réooiirept tpus dans r^rès:miâi à la section FrancUin, qui les Q$co^t^ €|n a^nppsà rHôteldeVi^e. Leur installation eut Ueu sapS|(J|ffic;nltés et|niènie $an^ formalités. Le do]^en d'ige dte^eompii^^îres.sç borça à d|re an conseil générât de la comiQpQe.,siss,e,iQ]>lé : <( La volonté souveraine du K peuple de ^ordqaux, s'est manifestée dans les vingt-huit tt sections de cette commi^ne; et nous sommes chargés par a nos concitoyens dç prendre les rênes de Tadministration « (Civile et politique de la cité. En conséquence nous vous « intimons Tordre du peuple souverain d'avoir à nous (( céder sur^le-çbamp un d^pôt que vous ne pouvez plus <( garder »...

Les magistrats es^puteés s'étant immédiatement retirés, les commissaires des sections se constituent en ihunicipalité provisoire > et font entre eux un mair^, un procureur de la commune, un .substitut, et un seçrétaire-gref^^r : leurs autres collègues prennent le titre d'officiers mpnicipaiix. On Txe peut que s'étonner de l'étrange changement qui s'opère .dai^s Topinion publique à Bordeaux : les habitants cèdent brusquement à toutes les suggestions des hommes que naguère ils repoussaient avec mépris; les magistrats auxquels ils avaient accordé toute leur confiance, ils les destituent sans motifs comme sans drçit. L'influence de la terreur fut aussi puissante que prompte dans cette ville.

Le lendemain de son installation , )a municipalité révolutionnaire fut autorisée à exercer les fonctions de Vadininistration départementale et celles de l'administration du district de Bordeaux , dont les membres avaient jugé utile a leur sûreté personnelle d'abandonner leur poste, Les

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