CHAPITRE CINQUIBBfE. WT
corps constitaés da département. Il y introduisît dés per« sonnes bien différentes par leurs principes des clubistes , dont auparavant il avait fait des fonctionnaires publics*
Ce ne fut que le S novembre 1794 que la convention rapporta le décret brutal qu'elle avait rendu contre la commission populaire de Bordeaux. Dès lors les habitant» s'imaginèrent qu'il ne leur serait plus envoyé des commis-» saires pour les gouverner. Néanmoins la convention continua ses délégations jusqu'au mois d'août 179S. Pendant le régime révolutionnaire > cette ville resta successivement soumise à dix-neuf représentants et à cinq envoyés extraordinaires du comité de salut public. Chacun de ces proconsuls administrait à sa guise en vertu de ses pou-^ voirs illimités , et ne manquait pas surtout de recomposer d'office les diverses autorités locales, au moins une fois pendant la durée de sa mission, quelque courte qu'elle fût. C'était un des passe-temps des commis-voyageurs de la convention , et qu'ils appelaient, entre eux renouveler leur maison. Ce renouvellement de fonctionnaires était loin d'être favorable à la chose publique , en ce qu'il rendait l'administration aussi variable que les personnes auxquelles on la confiait. D'ailleurs les choix furent détestables , tant qu'on les fit dans les clubs , où les hommes probes et instruits évitèrent bien de se montrer.
Ainsi que nous l'avons dit , le club national était la plus ancienne société populaire de Bordeaux , et même une des plus démagogiques de France. Ce club , qui tint longtemps ses assemblées dans des maisons particulières > sortit de son obscurité à l'époque où la faction de la Montagne s'empara de l'autorité. Il tomba avec cette faction à laquelle ses principes l'attachaient. Lors de l'arrivée des premiers représentants qui vinrent révolutionner cette-
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ville , il obtint d'eux le local dans lequel se rassemblait sa rivale , la société des Amis de la liberté et de l'égalité , laquelle crut prudent de âe dissoùdVe , comme ayant favorisé la création de la commission populaire. A l'imitation de la société qu'il supplantait » et pour établir plus promptement sa domination , il rendit ses séances publiques dans la salle du Lycée, fossés de l'Intendance , et parvint bientôt à obtenir une prépondérance effrayante , qui fut heureusement de courte durée. Au lieu de suivre l'exemple de la convention qui , après la chute du parti de Robespierre , professa des principes de modération , il les improuva hautement , et alla même jusqu'à chercher à les flétrir sous le nom de modérantisme.
Le représentant Treilhard ayant été envoyé en mission à Bordeaux sentit la nécessité de mettre un frein à l'esprit démagogique qui débordait dans le club national. Il ordonna la suspension provisoire de ses assemblées, et fonda les motifs de l'arrêté qu'il prit à ce sujet Iç 1**" février 1798» sur ce que cette société se livrait à la diffamation contre la représentation nationale. Pour consoler un instant les clubistes et leurs partisans par l'espoir d'un prochain rétablissement de leurs assemblées , il désigna vingtquatre membres du club, comme devant être chargés de procéder immédiatement à sa recomposition , après un scrutin épuratoire des anciens sociétaires. Cette suspension , que certains croyaient n'être que momentanée , se changea en clôture définitive. Le club national ne fut point renouvelé , et sa dissolution n'occasionna aucun mouvement, d'autant plus qu'on venait récemment de fermer le club des jacobins de Paris , avec lequel celui de Bordeaux rivalisait de principes acerbes. Bientôt après , la convention , quoique composée de beaucoup