‹ Histoire de BordeauxChapitre 6 sur 143 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

tin détachemenC de la garnison , qui dispersa les séditieux , en tua plusieurs, et en arrêta quelques-uns qui furent retenus prisonniers dans le Château-Trompette*

De leur côté , les jurats étant parvenus à réunir dans motel de Ville quelques escouades de troupes bourgeoises se hâtèrent de faire des rondes en ville et s'assurèrent par eux-mêmes que les attroupements avaient cessé. Mais dans la crainte de les voir recommencer , ils publièrent une ordonnance portant injonction a tous les habitants de se tenir prêts â prendre les armes aux premiers ordres qui leur seraient donnés. Ils allèrent informer de l'état des choses le parlement et le maréchal d'Albret, gouverneur de la province. Ils insistèrent surtout pour que l'autorité supérieure prescrivit les mesures que l'urgence des circonstances nécessitait y afin de prévenir les malheurs dont la ville était menacée.

Lç S8, le parlement rendit un arrêt qui défendait les attroupements sous peine de mort, avec ordre aux jurate d'y tenir la main. Il leur enjoignit en même temps de convoquer sur-le-champ les troupes bourgeoises pour garder les places et les portas de la ville , afin que les séditieux ne s'en emparassent pas« Mais ceux-ci intimidèrent tellement les bourgeois que peu d'entre eux osèrent prendre ies armes, et qu'il fut. impossible d'en former des compagnies.

. Cependant. le parlement nomma des commissaires pour aller publier son arrêt dans-la ville , conjointement avec les jurats , espérant gue cet appareil déterminerait lesbour- .geois à sortir de Tapathie qu'ils avaient montrée et en imposerait aux révoltés. Mais ceux-ci ne furent que plus irrités des mesures qu'on se disposait à prendre contre eux. S'étant emparés de la porte de Sainte-Croix, ils sonnèrent

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le tocsin aax clochers deséglise^de Sainle-Croix » de Saint- Michel , et de Sainte-Eulalie , et introduisirent en vUle les paysans de la banlieue que ce signe d'alarme y attira. Dès lors la confusion et le désordre s'accrurent prodigieusement. Les mutins se rendirent mailres des principales avenues de Bordeaux et se mirent en mesure de tout entreprendre pour parvenir à leurs fins. Les commissaires du parlement et les jurais qui parcouraient la ville , ayant voulu leur faire des remontrances , en reçurent tonte sorte d'outrai^es. L'un d'eux ^ le conseiller Tarneau , fut tué d'un coup de fusil pour avoir eu l'imprudence d'user de menaces envers ceux qui ne déféraient pas aux exhortations qu'on leur adressait. Les mutins se saisirent de trois de ces commissaires; et après leur avoir déclaré qu'ils les mettraient en pièces, eux et leurs familles, si on ne leur accordait pas ce qu'ils demandaient, ils forcèrent le jurât Fonteneil à se rendre sur-le-champ au Château-Trompette poiir faire mettre en liberté ceux des leurs qu'on y avait emprisonnés la veille. Ces magistrats furent contraints de promettre ce qu'on exigeait d'eux pour sauver leur vie. S'étaut transportés au Château^ Trompette, ils exposèrent au commandant l'état déplorable où se trouvait la ville , et ils l'assurèrent qu'il n'y avait que la liberté de ces prisonniers qui pût rétablir le calme. Ces considérations déterminèrent le comte de Montaigu à remettre les prisonniers. Cette remise ne fit pas poser les armes aux séditieux. Ils se réunirent en plus grand nombre dans les cimetières de Sainte-Croix et de Saint-Michel pour aviser aux moyens . de poursuivre le lendemain leurs projets , et ils allumèrent des feux durant la nuit pour éclairer les divers postes qu'ils avaient établis dans les rues et les places de ces quartiers. Ils envoyèrent en même temps des circulaires dans

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