‹ Histoire de BordeauxChapitre 7 sur 143 · CHAPITRE PREMIER. ST · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. ST

les communes voisines pour inviter leurs adhérents à venir à leur secours.

Les jurais ayant eu connaissance de ces projets en informèrent le parlement dè$ le 29 au matin , et lui remontrèrent qu'il était urgent de prendre les mesures les plus vigoureuses pour assurer le repos de la ville. De son côté^ le maréchal d'Albret ordonna aux jurats de prévenir les bourgeois qu^ils eussent à prendre les armes sur-le-champ, attendu qu'il allait se transporter à l'Hôtel de Ville pour se mettre à leur tête. Gomme il s'y rendait, on l'avertit que les séditieux , au nombre de quatre à cinq mille , avaient fait leurs dispositions pour se défendre, et qu'ils s'attendaient à ôtre joints par une troupe de gens de la campagne , dont une partie stationnait déjà devant les portes de Saint-Julien et de Sainte-Croix. Cet avis le déter- 'mina à parcourir les principales rues pour exciter les bourgeois à songer sérieusement à s'opposer aux desseins de la populace , et sa démarche ne fut pas sans succès. Suivi de gens de bonne volonté qu'il avait ralliés , il se disposait à fondre sur les factieux , quand ceux-ci firent savoir qu'ils consentaient à poser les armes si l'on voulait acquiescer aux propositions qu'ils avaient à faire ; mais que si on rejetait ces propositions , ils mettraient la ville au pillage. Le maréchal accepta ce moyen de conciliation et fît répondre qu'il entendrait les propositions annoncées, au palais, où il allait se rendre pour l'assemblée du parlement.

Les séditieux y députèrent le prieur des bénédictins et les curés de Sainte-Croix et de Saint-Michel , avec quelquesuns d'entre eux, pour dire au maréchal qu'ils désiraient lui remettre en main propre le cahier de leurs demandes. Le maréchal , escorté de ses gardes , se rendit sur la place de Saint-Michel , puis au cimetière de. Sainte-Croix , à tra-

vers une foule de peuple qui ne cessait de crier : V%çe h roi y sans gabelle! Ayant reçu le mémoire des factieux, il retourna au palais , où il trouva plus de mille personnes qui annonçaient la résolution où elles étaient de ne laisser sortir aucun membre du parlement, et même de mettre le feu au palais, si la cour ne rendait un arrêt portant ijéfense de lever le nouvel impôt.

Dans ces pénibles conjonctures , le parlement fut con^ traint de délibérer sur les propositions des factieux. Ceuxci , voyant que la délibération traînait trop en longueur, envoyèrent de nouveau Je curé de Saint-Michel vers la cour , où il se présenta annonçant qu'on allait tout saccager si on ne le chargeait de l'arrêt qui avait été demandé. Le parlement crut ne pouvoir plus diiTérer de rendre cet arrêt. Il portait que de très-humbles remontrances se* raient adressées au roi , afin qu'il lui plût d'accorder une amnistie aux habitants de Bordeaux et de la banlieue qui avaient pris les armes dans l'émeute qui venait d'avoir lieu, et que , sous le bon plaisir de S. M. , il serait sursis à la levée des Impôts qui avaient occasionné cette prise d'armes. Cet arrêt ayant été publié sur-le-champ , les séditieux en parurent satisfaits et se retirèrent tranquillement.

Les 51 mars et 2 avril suivants il y eut un attroupement dans le quartier de Saint-Michel , à l'occasion de quelques placards incendiaires qui paraissaient être une suite des derniers événements ; mais cela ne les fit point renaître , et les murmures des mécontents furent apaisés par la prudence et la fermeté des magistrats.

Quelques jours après, le marquis de Chàteauneuf, secrétaire d'état, écrivit aux jurais que le roi ayant été informé de rémeute populaire survenue à Bordeaux, et des mesures qu'ils avaient prises pour la calmer, voulait bien

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