‹ Histoire de BordeauxChapitre 64 sur 143 · CHAPITRE SIXnSME. 2IT · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXnSME. 2IT

La marche d'une colonne anglaise vers Bordeaux étant connue, le sénateur -commissaire, par un arrêté du 3 mars , autorisa les divers corps constitués de cette ville à aller siéger sur la rive droite de la Garonne. Ils ne se crurent pas en sûreté sur aucun côté de cette rivière , car ils se dispersèrent incontinent. La municipalité seule resta à son poste. Néanmoins une terreur panique s'empara des habitants. On évalue à dix mille le nombre de ceux qui quittèrent Bordeaux dans l'espace d'une semaine , emportant ce qu'ils avaient de plus précieux. Ils redoutaient moins l'approche des troupes étrangères que les excès auxquels elles pourraient se porter, dans le cas où la garnison de celte ville leur opposerait de la résistance , ou si , après qu'elles y seraient entrées, quelques régiments français tentaient de les débusquer. Ce qu'on appréhendait fut sur le point de se réaliser. Le 3 avril, il arriva à Libourne une colonne d'infanterie forte de six mille hommes , qui , sous le nom alarmée de la Gironde, accourait pour s'opposer à celle des Anglais et la chasser de Bordeaux. Cette colonne lut licenciée peu après par le général Decaen qui la commandait , et qui devint ensuite gouverneur de la onzième division militaire.

Le 11 mars, le général commandant la division militaire dont Bordeaux était le chef-lieu, voyant qu'il était impossible de tenir dans cette ville devant les forces *qui s'avançaient, en sortit avec le peu de soldats qu'il avait. Il alla rejoindre à Cubzac le sénateur-commissaire , qui . s'était déjà établi dans ce bourg. Bordeaux resta sans défense, livjré à l'incertitude des événements qui se prépa*raient.

iltl HISTOIEB DE BORBfeAUS.

Le samedi lî mdi^ 1814, Bordeaux vit s'accomplir dans ses murs un grand événement , que les habitants regar* liaient depuis deux mois comme probable , sans prévoir encore les conséquences politiques qui devaient en résulter.

I>ans la matinée de ce jour , pendant que les cohortes urbaines se l'assemblaient sur la place d'Aquitaine , ignorant dans quel but on leur avait fait prendre les armes , un officier anglais; précédé 4'un trompette , entra en par^ lemçntàire dans cette ville, et se rendit à la mairie. Il dé- Clara au maire, M. Lynch , que le commandant d'une colonpe anglaise faisant partie du septième corps de l'armée des souverains confédérés l'envoyait pour s'enquérir si cette colonne pouvait entrer à Bordeaux, i^ans avoir besoin de déployer ses forces; qu'en cas d'affirmative, il requérait qu'il fût immédiatement préparé des billets de logement pour les six mille hommes formant cette colonne ; qu'elle venait occuper la ville uniquement pour y garder une position militaire ; que les troupes annoncées vivraient à leurs frais dans une sévère discipline durant leur séjour , et qu'elles avaient fait halte à la hauteur du pont de la Maye , en attendant une réponse positive à la iommation intimée en ce moment.

Le maire assura le parlementaire que le général qui l'envoyait pouvait diriger sur la ville , sans craindre de .résistance , les troupes qu'il commandait; qu'il allait donner des ordres pour pourvoir à leur logement ; qu'il garantiss^t dors et déjà la plus parfaite tranquillité de la part des habitants , et que pour gage de sa promesse il

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