‹ Histoire de BordeauxChapitre 65 sur 143 · CHAPITRE SIXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIEME

décidait dé se porter sur-le-champ à la rencontre de la colonne dont la marche lui était notifiée. .

Aussitôt ceux des membres de la mairie et du conseil municipal qui se trouvèrent à lHôtel de Ville conférèrent ensemble sur le parti qu'il convenait de prendre dans l'état des cl^oses. Il fut convenu , dans cette conférence , qu'une députation de ceux qui y assistaient se rendrait incontinent vers l'armée anglaise; que le maire assurerait le général qui la /Commandait , de la soumission des habitants de Bordeaux , et que ce dernier serait invité à y introduire immédiatement ses troupes.

La députation s'étant arrêtée au pont du moulin d'Arc, limite de la banlieue de la» ville, le maire se porta seul (*) à la rencontre du lord Beresford, général anglais, qu'il trouva k la tête de ses troupes, à la chapelle du Becqnet. O lui adressa la parole (**) à une distance des spectateurs qui était telle , qu'aucun ne put entendre ce qui fut dit dans cet(ç entrevue. On s'aperçut seulement qu'après un momei^ d'entretien , le général présenta une cocarde blanche au maire, qui l'attacha à son chapeau, après avoir mis à la poche son épharpe tricolore. Tous deux s'avancerenr, avec les troupes anglaises , vers la ville conversant ensemble d'un air satisfait.

Le maire étant parvenu vers le lieu où l'attendait la députation du conseil municipal , et où commençaient à sta-

n Les deux adjoints qui étaient alors ^^s j|a voilure du, maire en descendirent avant d*arriver au moulin d'Arc , et refusèrent d*y remonter. Ils ne parurent même plus à rH6tel de Ville. On a présumé qu'ils quittèrent le maire , lorsque celui-ci leur eut communiqué rinltiatiye quMl se proposait, de prendre dans cette clrcon»tance.

CD Vçyçz les Pikm juiHfhativei, n^^x.

220 HISTOIRE DE BOSBEÂUX.

tîonner des groupes de curieux , se mit à crier à plusieurs reprises : Fù^e le roi ! vtpent les Anglais ! Ceux des habitants qui entendirent ces cris, et qui aperçurent la nouvelle cocarde du maire , s'imaginèrent que tout cela se pratiquait uniquement pour se rendre favorable l'ennemi qui se présentait. Quelques-uns répétèrent les cris du maire, et se firent sur-le-champ des cocardes blanches , croyant agir par une pure courtaisie. Peu d'entre eux pouvaient apprécier toute l'étendue de leur détermination dans une circonstance aussi extraordinaire. La multitude qui coopère à de grands événements agit communément par imitation et de confiance; ce n'est qu'alors qu'ils sont accomplis qu'elle accorde ou refuse son a^3entiment.

Pendant qu'on distribuait des billets de logement à la troupQ anglaise , un officier français se présenta à l'Hôtel de Ville et annonça que le due d'Angouléme , un des neveux du roi de France, dont il était chargé de pouvoirs , entrait eu ce moment à Bordeaux , et qu'il se dirigeait vers la cathédrale pour assister au Te Deum qui allait être chanté en mémoire de cette journée. Toute l'assemblée se porta au-devant du prince qui «e rendait à cette église. Le pavillon blanc fut immédiatement arboré sur les principaux édifices de la ville. Après la cérémonie, le duc d'Angouléme se transporta à l'Hôtel de Ville, où il reçut les hommages du corps municipal , et il fut ensuite conduit au ci-devant palais impérial , qu'il choisit pour sa demeure. La ville entière connut alors le grand événement qui venait de s'accomplir dans ses murs, et dont, quelques heures auparavant, elle n'avait pas compris toute la portée. Le peuple en accepta les conséquences, et salua de ses acclamations et de son enthousiasme l'arrivée d'un prince français dont la présence an-

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