‹ Histoire de BordeauxChapitre 66 sur 143 · CHAPITRE SIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SIXIÈME

nonçait la fin du gouvernement impérial et du système militaire qui en était le soutien. Ainsi allait cesser cet état d'agitation que la France avait éprouvé sous les trois administrations qu'elle avait vues se succéder dans l'espace d'un quart de siècle.

Quoiqu'une génération et deux gouvernements divers aient passé depuis ce grand événement , il est actuellement impossible d'en soumettre les causes à un examen sévère , sans réveiller les passions des hommes qui y prirent une part active. Cet examen attend un moment plus calme et des lecteurs assez dégagés de préjugés pour entendre ^'importants éclaircissements. Nous nous bornons à classer les faits, parce que nous écrivons l'histoire positive d'une ville , et non une histoire systématique du temps. Abstraction laite de toute considération politique , nous dirons seulement que dans cette conjoncture Bordeaux ne pouvait s'empêcher de recevoir la colonne anglaise dans ses murs. La ville était ouverte de tou6 côtés , et aucun ouvrage avancé n'en défendait l'approche à l'étranger. Les trois forts qu'elle renfermait n'en avaient que le nom. Les quatre bastions du C4hâteau-Trompette étaient totalement démantelés , par suite de la vente qui en avait été faite en 1785 ; et ce qui restait du «orps de la place n'offrait qu'une bicoque sans consistance militaire. Le Fort-Louis , depuis longtemps hors de service et sans artillerie, n'avait pas même de logements pour caserner la moindre garnison. Quant au château du Hà , il était reconnu impropre à tout usage militaire , attendu sa forme irréguliëre et sa position au milieu d'un quartier populeux. Ainsi les Bordelais se trouvaient dans l'impossibilité d'essayer de tenir devant le corps de troupes régulières qui marchait contre eux; et puisque ce corps ne demandait à occuper Bor-

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deaux que comme position militaire , et comme escorte d'un prince français qui se présentait , il était rationnel que le maire consentit à recevoir purement et simplement cette garnison forcée , et se résignât au hasard des événements ultérieurs.

. vm.

Le lendemain de son entrée à Bordeaut , le duc d'Angoulème adressa une proclamation aux habitants pour leur annoncer qu'il avait été envoyé par le roi de France , son oncle, pour le représenter jusqu'à son arrivée, et prendre les mesures propres à rétablir le gouvernement royal, n invita les magistrats qui avaient abandonné leurs fonctions à les reprendre , attendu que la forme du gouvernement actuel devait être conservée dans tout ce qui serait compatible avec les principes de la monarchie, et que cette forme subirait des améliorations, surtoutpar rabofo'ttende laconê-' cription et des impôts odieux. Le prince organisa immédiatement un conseil de régence provisoire , dans lequel se traitaient toutes les matières d'administration publique , pour ce qui concernait les pays limités par la Garonne , les Pyrénées , et le golfe de Gascogne , qui avaient reconnu la famille des Bourbons.

Le 27 mars , une escadrille anglaise vint ravitailler et renforcer les troupes de cette nation qui occupait Bordeaux. Ce renfort se composait de deux vaisseaux de ligne» de cinq frégates, et de plusieurs bricks de guerre. Ceux des bâtiments qui ne purent pas mouiller dans ce port restèrent en station à l'embouchure de la Gironde. Le contre-amiral Penrose , qui commandait cette escadrille , publia une déclaration portant que tous les ports français , situés sur le

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