CHAPITRE SIXIEME. JâS
golfd de Gascogne ou sur les rivières qui s'y Jettent, étaient mis eu état de blocus. Getfe déclaration était commandée par l'incertitude où l'on se trouvait sur les événements qui se passaient dans les environs de la capitale , vers laquelle marchaient, avec des succès inégaux, les forces des souverains confédérés. Quoique les Anglais occupassent paisiblement Bordeaux « ils prenaient dans cette ville toutes les précautions de sûreté qui tendaient à garantir leur occupation. Le 33 mars, le général anglais avait publié un apts aux Bordelais t pour leur enjoindre de remettre , dans vingt-quatre heures , les armes qui seraient en leur pouvoir , sous peine iêtre foursui9is comme perturbateurs 4u repos public. Cet avis ayant excité quelques murmures dans la ville » le maire se transporta vers le lord Dalhousie ; et le lendemain il publia , de concert avec ce général , un <;orrectif à cet avis » portant qu'il ne concernait que les armes d'ordonnance , que les habitants (étaient invités à remettra. Cependant plusieurs négociants qui, à l'entrée des Anglais à Bordeaux , redoutèrent la séquestration de leurs navires, les avaient dirigés vers le port de^Libourne, dont les Anglais ne s'emparèrent que plus tard. Les troupes anglaises s'étaient emparées des forts , des casernes , et .de tous les dépôts militaires de la ville et de ses alentours., Elles avaient même établi des postes dans les communes voisines, et poussé des reconnaissances sur quelques points de la rive gauche de la Dordogne. En admirant l'heureuse position de cette ville et sa grande population, lès chefs de ces troupes disaient sans doute» comme le doge de Gènes lorsqu'il vint à Paris sous le règne de Louis XIV, que ce qui devait lés étonner le plus à Bordeàux c'était de s'y voir. ' -
Cependant les înesures de sûreté que les troupes anglai*
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ses prenaient à Bordeaux n'indisposèrent pas plas les habitants que le séjour de ces mêmes troupes au milieu d'eux. Elles y vivaient en bonne union avec toute la popMlation, qui leur témoigna même des sentiments de bienveillance dans une occasion particulière. Deux soldats anglais étaient sur le point d'être passes par les armes, lorsque des habitants qui se trouvèrent sur le lieu où l'on allait exécuter le jugement du conseil de guerre , demandèrent à grands cris la grâce des condamnés, et parvinrent à l'obtenir.
Les Anglais ne restèrent point inactifs à Bordeaux, Dès les premiers jours de leur occupation de cette ville , il» établirent divers postes dans les communes environnantes, ns poussèrent plus particulièrement leurs reconnaissances dans le pays appelé l'Ëntre-deux-Mers. Le 30 mars, ils envoyèrent un de leurs détachements avec six pièces de canon pour s'emparer de Liliourne. Le régiment de chasseurs à cheval , qui tenait garnison dans cette ville, essaya vainement de leur disputer le passage de 1 a Dordogne au port de Brannes. Il fut forcé de battre en retraite , sans pouvoir retourner dans ses casernes. Les Anglais entrèrent sans obstacle à Libourne. Us poursuivirent ensuite le régiment qui avait tenté de leur résister, bien au delà de la rivière de l'Isle, et il y eut une collision sérieuse entre ces deux corps dans la commune de Saint-Germain. Le détachement anglais, malgré les pertes que lui avait fait éprou-, ver le régiment français , ayant continué ses poursuites contre ce régiment , le trouva réuni dans le Blayais (*) aux
(') Les Anglais attaquèrent vainement, par terre et par mer, la citadelle de Blaye ; Toffieier qui y commandait rejeta toutes les capitulations qu'ils lui offrirent. Il ne se rendit que le 23 avril , alors qu'il connut que la France avait adopté un nouveau gouvernement