CHAPITRE SEPTIÈME
conseil militaire arrêta que la garde nationale serait mise le lendemain sous les armes pour s'opposer de vive force à l'entrée du général Clauzel ; qu'à ce corps serait jointe la garde municipale avec les canons de la ville , et que pour renforcer de nouveau les cadres qui pourraient se trouver incomplets dans la garde nationale , on ajouterait aux volontaires royaux déjà soldés par la princesse, sous^ le nom de garde nationale active, une compagnie supplémentaire d'hommes connus par leurs bons principes, et auxquels on donnerait des armes et une gratification.
Le 4^' avril, la garde nationale se rendit en armes sur le port dès les sept heures du matin. Elle se forma en bataille au-devant du quai de la Grave, où abordaient alors les bateaux du passage de Bordeaux à la Bastide. Vers midi, le général Clauzel arriva avec sa troupe dans ce dernier lieu. Il attendait, pour traverser la rivière, l'expiration du délai fixé pour l'évacuation de la ville par la duchesse d'Angouléme, suivant une lettre qu'il avait remise le matin à M. de Martignac. Cependant la princesse, loin de songer à la retraite, s'occupait de son projet de résistance. Avant de renoncer à ce projet, elle retourna vers la garnison, et tenta un dernier effort pour la rallier à son parti. Mais les soldats persistèrent dans leur refus de la manière la plus énergique. Alors elle comprit que toute résistance pour se maintenir à Bordeaux- devenait impossible^ et qu'un plus long retard pour en sortir pouvait lui devenir funeste ainsi qu'à cette ville ou l'on avait appris que Bonaparte était entré à Paris sans obstacle, et que l'armée s'était déclarée en sa faveur.