‹ Histoire de BordeauxChapitre 76 sur 143 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

■s^empècher de <5oirvenir qu'elle déploya beaucoup de fermeté dans cette occasion , et qu'elle fit preuve d'un coulage au-dessus de son sexe.

Ainsi qu'il l'avait annoncé, le général Glauzel fit son •entrée publique à Bordeaux le 2 avril, en qualité de commandant des onzième et vingtième divisions militaires. Il fut reçu sur le port par les troupes de la garnison. Elles avaient à leur tête le comte Decaen, qui depuis un an commandait la première de ces divisions. En arrivant dans cette ville , le général ordonna d'inhumer, avec les honneurs militaires dus aux légionnaires morts en activité de service , le capitaine Troplong , qui la veille avait péri victime des préventions populaires. Il montra par là qu'il savait apprécier les hommes de cœur et de conscience qui se dévouent, à l'accomplissement de leurs devoirs.

Le Château-Trompette n'était pas dans un état de défense respectable , par suite des démolitions qu'on y avait faites » depuis que sa suppression avait été résolue. Le général Clauzel jugeant utile de ne pas laisser la garnison de Bordeaux dans les casernes ouvertes qui existaient au milieu de la ville , voulut la concentrer dans cette forteresse* Il se hâta d'en faire fermer les parties démantelées , par des murs qu'il fit élever aux endroits les plus exposés , afin de mettre le corps de la place à l'abri d'un coup de main . Pendant qu'on faisait ces réparations il se vit maintes fois obligé de placer des sentinelles auprès des travailleurs pour é- <;arter les personnes imprudentes qui cherchaient à les détourner de leurs travaux. Dans les belles soirées on aper-

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cevait des femmes et des enfants qui , comptant sur l'indulgence que le militaire français a toujours témoignée pour la faiblesse de Tàge et du sexe , s'approchaient des remparts pour y taire entendre des chansons injurieuses qu'inspirait l'esprit de parti. Dans un siècle de lumières^ le fanatisme politique a autant compromis ceux qu'il aveuglait que le fanatisme religieux dans des temps d'ignorance.

Au milieu des ferments de discorde et des agitations politiques qui régnèrent à Bordeaux pendant que le général Clauzel y commanda , il fit preuve d'un caractère ferme , uni à beaucoup de prudence. Il sut maintenir dans cette ville l'autorité du gouvernement qui l'avait envoyé , toujours en usant de l'ascendant que donne une sage modération, et il protégea du secours des lois tous les habitants, sans acception de personnes et d'opinions. Dans une seule occasion il se vit obligé d'employer la force pour le maintien de l'ordre public. Le 12 juillet iSiS , la nouvelle de la rentrée du roi dans Paris se répandit à Bordeaux et y devint l'occasion d'un mouvement populaire. Un grand nombre d'habitants se porta sur la place de la Comédie , et pour célébrer cet événement , força le directeur du Grand- Théâtre à arborer le drapeau blanc sur cet édifice. Le général Clauzel se transporta aussitôt sur cette place et déclara à ceux qui s'y trouvaient rassemblés, que la nouvelle qu'on annonçait n'était pas officielle ; que jusqu'à ce qu'il ait reçu du gouvernement des ordres positifs 9 il était de son devoir de ne pas souffrir que la force populaire changeât rien à l'ordre établi , et qu'il importait à la tranquillité des habitants que de nouveaux magistrats légalement institués se missent à la tète des affaires avec une autorité convenfd)le pour faire respecter les lois. 11 fit replacer le dra-

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