CHAPITRE SEPTIÈME. 2i
çade de la place qui devait être formée au centre des terrains vendus , ainsi que les deux façades latérales du port qui s'étendaient à la suite, et en outre moyennant un cens annuel et perpétuel de six deniers tournois par toisé carrée de ces terrains , ledit cens emportant lods et ventes en faveur du domaine à chaque mutation qui aurait lieu après les trois premières , lesquelles seraient exemptes de tous droits royaux. Pour faciliter la vente de ces terrains , le roi déclarait que les étrangers qui en acquéreraient au moins soixante toises carrées , et qui y feraient construire des maisons , jouiraient du droit de régnicoles par le fait de cette acquisition. Il promettait ensuite de faire démolir le Château-Trompette, et de donner, sur le produit de la vente des matériaux , une somme de trois cent mille livres pour achever de construire Téglise paroissiale des Chartrons, laquelle avait été commencée d'après le projet conçu par M. de Tourny , et dont nous avons parlé à la page 425*de cette histoire. Les mêmes lettres patentes portaient suppression du droit de huitain^ dépendant du fief du Puy-Paulin et qui se percevait sur ie poisson de mer vendu au marché de Bordeaux.
Deux bastions du Château-Trompette étaient démolis, et quelques maisons avaient été bâties sur le terrain environnant où les nouvelles rues étaient tracées , lorsqu'en 4787 le gouvernement résilia la vente de ce château , et en suspendit la démolition. On n'a jamais bien connu les motifs de cette résiliation. Les gouvernements subséquents reprirent ce projet de vente sur de nouveaux errements.
Le directoire exécutif conçut l'espoir de tirer quelque
profit de ce local. Sur sa proposition , une loi du 7 septem*
bre 4797 ordonna la vente du Château -Trompette, sur
remplacement duquel serait élevé un monument triom-
phaL Des architectes donnèrent des plans de distribution du terrain , et ce fut à quoi se borna toute l'opération. Le pouvoir exécutif d'alors n'était pas beureux dans ses projets d'amélioration.
Lorsque l'empereur Napoléon vint pour la première fois à Bordeaux , il reconnut par lui-même que la démolition du Château-Trompette pouvait concourir à l'embellissement de cette ville. Il lui fit don de cette forteresse et de ses dépendances, ainsi que nous l'avons rapporté à la page 209. Mais ce don devenait onéreux au donataire, à sause des charges qu'il lui imposait Pour les remplir dans la partie la plus urgente à exécuter, la ville avait été obligée de contracter des emprunts dont elle ne prévoyait pas l'époque du remboursement. Il ne pouvait s'effectuer qu'au moyen des ventes de ceux des terrains disponibles du Gh&leau-Trompette ; et les circonstances d'alors n'étaient guère favorables à accélérer ces ventes. En attendant qu'elles eussent lieu , la ville affermait partiellement ces terrains à des petits particuliers , qui y avaient bâti des échoppes dont le placement entre les beaux quartiers des Ghartrons et de Tourny donnait k ce vaste local le coup d'œil le plus mesquin.
Il changea à l'époque de la restauration. Par une ordonnance (*) du 8 septembre 4846, le roi donna, à titre gratuit , le Château-Trompette et ses dépendances à la ville. Elle fut autorisée à vendre à son profit cette forteresse et tous les terrains qui en dépendaient , pour en employer le prix au paiement de ses dettes , sous la seule condition de former des promenades et une place publique sur ceux de ces terrains qui étaient désignés pour cette destination
(*) Voyez le no xxi des Pièces justificatives.