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CHAPITRE SEPTIEME

par la même ordonnance. Nous pensons que la concession du Château-Trompette est moins un acte de munificence qu'une restitution, dans la conviction où nous sommes que la justice commutative oblige les gouTèrneménts aussi bien que les simples particuliers. En effet , après que Bordeaux se fut définitivement soumis à Charles VU , ce roi fit construire dans cette ville un petit fort, qui depuis est devenu le Château-Trompette. Comme il fut bâti en ik^k pourmaintenir les habitants dans l'obéissance qu'ils avaient jurée deux ans auparavant, et dont ils venaient de tenter de s'affranchir, il est indubitable que ce roi n'acheta pas le terrain nécessaire pour cette construction. Nous avons démontré, page 49 de cet ouvrage , que Louis XIV ne paya pas non plus le terrain qu'il prit pour agrandir ce fort. Ainsi , puisqu'on le construisit sur un terrain appartenant à la ville , ou par elle payée à des habitants , la cession qui lui a été subséquemment consentie de ce terrain n'est qu'une juste restitution faite à de légitimes propriétaires. La démolition du Château-Trompette ayant été effectuée , la mairie assista , le SS5^ janvier 1818 , à la plantation solennelle des arbres des grandes allées qui bordent la place publique formée au centre des Quinconces. Sur la terrasse de cette place , du côté du port, on construisit, en 1829 , deux colonnes rostrales de vingt mètres de hauteur. On posa sur ces colonnes quatre réverbères qu'on tient allumés toutes les nuits , à l'instar des phares, et dont la lumière est loin de remplacer les feux destinés à éclairer les ports où s'élevaient autrefois de semblables monuments. Ces colonnes ne semblent pas assez colossales, eu égard à la vaste étendue du lieu qu'elles occupent , et d'ailleurs elles ne se raccordent nullement au magnifique dévelo{^pement du port et de l'esplanade. Leur place au-

rait pu être mieux occupée par une fontaine qu'on pou'yait alimenter soit par Teau qu'un aqueduc porte de la Font de TOr aux fontaines placées sur le quai des Ghartrons, soit par la source qu'on avait autrefois conduite au milieu de la place d'armes du Château-Trompette, et qu'on a abandonnée dans ces derniers temps. Cette fontaine serait d'une Utilité réelle dans un quartier qui manque d'eau potable.

Quoi qu'il en soit, le quartier des Quinconces est le plus agréable de la ville par son heureuse situation , et le plus magnifique par les beaux édifices bordant les rues qui en couvrent la grande étendue. Parmi ces édifices on remarque deux établissements de bains qu'on a construits en lBâ6, et qui sont d'un très-bon style. On a élevé sur le même terrain l'entrepôt du commerce , qui est le plus vaste, mais non le mieux bâti, de tous les monuments publics de Bordeaux. Ainsi la suppression d'une inutile citadelle a procuré à cette ville un quartier important, lequel, en la réunissant au faubourg des Chartrons, a fait prendre à la cité un accroissement subit , qui annonce la force et la richesse de son industrieuse population.

Le fait dont nous allons parler ne paraitrà peut-être pas, au premier coup d'œil, avoir une véritable importance historique. Cependant nous n'avons pas cru devoir le passer sous silence , soit parce qu'il a obtenu dans le temps une grande publicité , soit parce que son Souvenir est consacré par une médaille nationale. D'ailleurs l'exemple des deux historiens que nous continuons autorise au besoin notre récit , puisqu'on parlant des troubles qui

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