‹ Histoire de BordeauxChapitre 82 sur 143 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

iVÉNBMBNTS ARRIVÉS DANS BÔRDRAUX MtPinff L*AlfMR 1939.

I. Mow?ement$ précurseurs de la révolution de iSSO à Bor-r deaux. — II. Publication des ordonnc^nces rçyales du g$ juillet» — m. Journée du ïiQi juillet, — IV. Dfis suites de cette journée. — Y. Signes du nouveau gouvernement substitués à ceux de f ancien.— VL Une covinmsion munielle remplace la mairie qui abandonne son poste. — VII. Inçasion du cholérormorhus à Bordeaux. — VIII. Etablissements et travaux publics remarquables exécutés ou projetés dans cette vUle d^fuis 1833. — IX. Statues proposées pour Hfontaigne et pour Montesquieu. — X. Création des facultés des sciences et des lettres, et df autres moyens d'instruction publique.

Deux opinions politiques étaient en présence dans le royaume en 1830; l'une voulait l'entière exécution de la charte . et l'autre tendait à en modifier progressivement les principes.. La majorité de la chambre des députés , organe fidèle de la première opinion , qui était celle de la nation , avait déclaré au roi , à l'ouverture de 1^ session dû corps législatif, a que la charte consacrant comme un (( droit l'intervention du pays dans la délibération des a intérêts publics , cette intervention était positive dans <( son résultat; qu'elle faisait du concours. permanent des c( vues politiques du gouvernement avec les vœux du « peuple , la condition indispensable de la marche régu-

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« liére des affaires publiques». et ^que ce concours n'exis- (( tait pas ». Ces paroles, quilerminalent l'adresse présentée au roi par la chambire des députés, amenèrent la dissolution de cette même chambre. L^ roi en ordonna la réélection. Dès lors tous les hommes inffuents par leur position sociale dans le parti ministériel firent partout usage des moyens de séduction et d'intimidation qui étaient en leur pouvoir, pour assurer le triomphe de leur parti dans la lutte électorale qui s'ouvrait.

Au moment où le département de la Gironde allait s'occuper de la nomination de ses représentants , on comprit bientôt l'intention que le gouvernement avait de diriger à son gré les élections , par une mesure toute nouvelle que prit à ce sujet M. le vicomte de Curzay, préfet de ce département. Le 48 juin 1830, ce magistrat publia un arrêté qui défendait de former des groupes dans les avenues des lieux où devaient se tenir les assemblées des collèges électoraux , sous peine , pour les personnes réunies dans ces groupes, d'être poursuivies comme auteurs ou complices d'attroupements séditieux. Jusqu'alors on ne s'était pas avisé de faire de pareilles défenses , parce qu'il avait paru naturel et sans danger que les citoyens se portassent vers les salles d'assemblée des électeurs, afin de connaître le nom des personnes qui auraient fixé leur choix.

Le roi avait fait une proclamation aux électeurs de toute la France , pour leur recommander d'apporter tout leur zèle dans le choix des députés qu'ils étaient appelés à nommer. Le préfet ajouta un commentaire à cette proclamation, par une adresse à ses administrés pour leur recommander de se bien pénétrer des termes de cet acte. Le maire de Bordeaux fit une pareille adresse ; et à mesure

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