‹ Histoire de BordeauxChapitre 84 sur 143 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

troupes (*) à Bordeaux. Mais s'étant échappé de son hôtel répée à la main , il se réfugia dans le corps de garde du poste de la Comédie , dont il ferma lui-même les portes. On les enfonça sans que les soldats opposassent aucune résistance. On était parvenu à le désarmer, lorsqu'il se saisit d'une baïonnette pour écarter ceux qui cherchaient à l'arrêter. Cependant on s'empara de lui , et l'on se mit en mesure de le conduire sur la place des Quinconces pour l'obliger, disaitron, à faire une sorte d'amende honorable y en criant vice la charte ! devant le peuple^qui y était rassemblé.

Dans cette circonstance, l'obstination de M. de Curzay pouvait lui attirer un mauvais parti , si les fils (**) d'un né* gociant estimé ne l'eussent heureusement rencontré sur leur passage , et s'ils n'avaient eu assez d'ascendant sur la multitude pour l'ôter des mains de ce.ux qui le tenaient , et le soustraire ainsi à l'irritation populaire. Ils le conduisirent dans leur maison qui était peu éloignée. Quoiqu'il n'y fût nullement inquiété, il jugea à propos de.chercher ailleurs un asile inconnu. Lorsque le tumulte parut un peu apaisé , il se détermina à traverser par une fenêtre de la maison où on l'avait reçu , dans un autre qui était conti-

{*) Dans un mémoire imprimé, M. de Curzay convient que le 30 juillet au matin il avait demandé qu'il fût envoyé à Bordeaux un escadron de la cavalerie casernée à Libourne , et que le même jour , après Farrivée du courrier de Paris , il requit la mise immédiate sous les armes d'une partie de la garnison de Bordeaui. Le mouvement populaire de cette ville s'effectua dans Fintervalle qui s'écoula entre cette réquisition et l'arrivée des troupes qui avaient été appelées.

(**) Messieurs H. et E. Galos , fils d'un député de la Gironde au corps législatif, qui décéda quelques mois après dans Texercice da ses fonctions.

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guë. Là, ayant changé d'ba^bits,,!! alla.ço ré/ugier chez M. Maillëres qui lui donnaasile et qui lui procura les secours que nécessitaient les blessures qu'il venait de.recevoir sur la place de la Comédie. On le conduisit le soir, sur sa demande , à l'Hôtel de Ville, où il resta secrètement jusqu'au surlendemain. Alors > pour éviter d'être reçonnu.à la sortie de ce lieu , on le fit passer par-dessus les murs qui en séparaient le jardin d'avec celui d'u^ habitant de la rue du Mirail , où l'attendait un de ses amis. U demeura çi|ché dans la maison de. campagne de ce dernier à Audenge, jusqu'à ce que l'état de sa santé lui permit de se reAdre sur ses propriétés auprès de Poitiers. C'est à l'bumsm^jté et aux sentiments généreux des Bordelais qu'il dut d'égl^^pper aux dangers auxquels il s'était exposé. Ces çeotimeafs ont été ref5onnus par M. de Curzay lui-même.; car ildUà une des personnes qpi l'accompagnèrent à Aud^pge Je i*' août ^850 : « Je. ne crpyais pas les copstHujioonels si (( généreux , ni les royalistes si indécis ».

Cependant le rassemblement de la place (]|e la .Çpmé^e subsibtait encore , quand M. le baron Jaolni.^ qui. jcammandalt par intérim la division militairie^, se , transporta en cet endroit. Il parla au peuple pour l'exhorter à la tranquillité, et lui donna l'assurance que les troupes de la garnison ne feraient aucun mouvement, leur ayant ordonné de rentrer immédiatement dans les casernes. Péiidant son allocution^ dont certaines personnes paraissaient soupçonner la sincérité (car tout est suspect dans ^n moment de trouble) , des pierres lui furent lanoées^ 9t une d'eUes l'atteignît rorlement à l'œil {*). Il fot obligé d'abni-

(*) Le lendemain une députalion déjeunes gens se rendit apprés 4t M. le général Janin , afin de lui témoigner les regrets ,q[H^..lM

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