‹ Histoire de BordeauxChapitre 85 sur 143 · CHAPITRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIÈME

ger 8^ exhortations qui étaient toutes pacifiques, et de se retirer sans avoir vu diminuer le rassemblement. Toutefois les soldats qui occupaient les corps de garde y restèrent spectateurs impassibles de Témeute populaire. On ne peut assez louer la conduite que la troupe de ligne tint dans cette circonstance.

Après que le général commandant eut quitté la place de la Comédie , le rassemblement qui s'y était formé se divisa sur-le-champ en plusieurs groupes. L'un d'eux s'étaht porté à l'hôtel de la préfecture en jeta les meubles parles fenêtres (*). Un autre alla démonter les presses d'un journal qu'on savait être l'organe du préfet , qui l'avait èréé. Ce groupe alla ensuite abattre l'appareil du télégraphe^ afin d'empêcher toute correspondance au dehors» tandis qu'un autre courut fermer les corps de garde de l'octroi et brûler les registres des droits réunis. Là se terminèrent les démonstrations de l'irritation populaire, qui mit en quelque sorte de Tordre même dans ses désordres. Le moraliste les déplore ; mais l'histoire lui a appris que les îiisurrectioiïs qui ont changé la face des états coûtèrent nécessairement des pleurs à l'humanité, parce qu'el-

^pg «Uayens éprouvaient pour réyéûement malheureux ck)nt il AyMt failli d*étre victime ; et le 10 du mois s)ii?ant, la commission municipale provisoire de Bordeaux vota une épée d^honneur à ce général pour sa conduite patriotique dans la journée du 30 juillet.

{*) M. de Garzay réclama depuis à la ville trente-deux mille trois eentvingt^septfk'anesde dommages-intérêts pour les pertes quMl disait aiMiir èptoôvées danl'son mobilier lors de Finsurrection , et dix-huit cents francs pour les frais de la maladie provenant des blessures qu'il avait reçues dans cette circonstance. Il fût déboulé de sa demande par un jugement du tribunal de première instance, le 2 juillet 1833 , et par un àrréi de la cour royale en date du 19 mars 1834.

les ne se consommèrent jamais sans quelques actes de violence contre le parti qui résistait. Dans la révolution de 1850, qui éclata en France et finit subitement, deux seuls préfets posèrent une résistance effective à la manifestation du vœu populaire ; et c'est par rapport à ces circonstances qu'on est fondé à dire qu'ils s'exposèrent volontairement aux dangers , et qu'on peut absoudre le peuple des malheurs accidentels qui assurèrent le triomphe de ses convictions.

Quoique la fin de la journée du 30 juillet et la nuit qui suivit eussent été paisibles, les habitants, pensèrent qu'il y avait cependant urgence à pourvoir par eux-mêmes à la tranquillité publique, alors que L'autorité locale était dépourvue de Torce morale » et surtout d'intentions bienveillantes pour la cité. Dans la jQatinée du 51, ils se portèrent spontanément sur les diverses places publiques , avec les armes qu'ils purent se procurer , et se formèrent immédiatement en compagnies -de volontaires pour reprendre le service de la garde nationale , qui ne se faisait plus à Bordeaux depuis longtemps : plusieurs d'entre eux prirent alors la cocarde natîoaale. Ces nouvelles compagnies allèrent d'abord placer des postes de sûreté aux différents établissements publics pour les préserver au besoin des atteintes de la malveillance , et organisèrent en même temps des patrouilles pour la garde de i^iit Elles convinrent ensuite des lieux où elles se rallieraient dans le cas où la liberté individuelle ou publique serait menacée par les ennemis du nouvel ordre des choses. Ces mesures de prévoyance furent conçues et exécutées sans qu'aucun

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