CHAPITRE HUrriËME. SGI
. fonctionnaire intervint pour les autoriser ou pour les défen dre.
On s'armait à Bordeaux ; cependant l'inquiétude y dor niinait par rapport aux grands événements que pouvait amener l'insurrection commencée à Paris, suivant les pre^ mières nouvelles qu'on en avait reçues. La connaissance de ces événements était de la plus haute importance, parce que le sort des départements dépendait de celui de la capitale. Les courriers qui en arrivaient étaient arrêtés au passage de laDordogne, en vertu des ordres précédemment donnés par le préfet. Cet état d'anxiété ne fit pas néanmoins renaître aucun mouvement d'insurrection. La disparition du principal agent du parti ministériel laissait la ville calme ; car on n'avait encore que des doutes sur le mauvais esprit de la mairie.
La recomposition de la garde nationale fut improvisée fort à propos pour empêcher des événements funestes. Dès le matin du Si , un conseiller de préfecture , qui remplaçait habituellement le préfet lorsqu'il s'absentait de BordeauiL ', voyant que ce dernier était éloigné de son poste , vint l'y remplacer d'office. Il s'empressa d'adresser une proclamation aux habitants pour les inviter à la tranquillité qui avait été troublée par Tinsurrection de la veille. Il eut l'imprudence de commencer par ces mots : « Un hor- <( rible assassinat a été commis sur la personne du premier « magistrat de ce département.... ». La mairie commit une imprudence encore plus grande en faisant publier cette proclamation avec un appareil militaire qui renchérissait sur celui qu'avait déployé le bureau central lors de la fusillade du. 20 thermidor, dont on semblait préparer la répétition. 11 arrivait en ce moment à l'Hôtel de Ville un escadron de chasseurs à cheval que le préfet avait appelé de
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Libouriie pour être à la disposition de la mairie de Bor* deaux. Ce\ie adouDistratioii imagina de charger une brigade de cet escadron d^escorter le commissaire de police qui allait lire sur les places publiques là proclamation préfectorale dont BOUS venons de parler. On en commençait la lecture sur la place du Palais quand les gens du port » que la nouveauté du spectacle attirait, interrompirent par des sifflets celui qui la faisait. Il jugea prudent de la cesser et de regagner l'Hôtel de Ville» Le peuple le poursuivit par des huées, et lança sur san escorte des bourriers qui se trouvaient empilés sur le quai par où elle se retirait. Les cavalière qui la composaient arrivaient en désordre devant l'Hôtel de Ville, lorsque leurs camarades, qui y étaient rangés eq bataille , reçurent Tordre de dissiper promptement les groupes répandus sur les Fossés. En ce moment, et après les sommations faites au peuple, l'escadron en entier fit feu. Un homme fut tué sur la place et deux femmes blessées mortellement. Plusieurs autres personnes reçurent des blessures plus ou moins gravés. Les journaux ne donnèrent aucun détail précis sur le nombre des victimes de cette journée, lorsqu'ils ouvrirent une souscription, en faveur de leurs familles. Dans la discussion qui eut lieu devant la cour royale , à Poccâsion ila procès en dommagearintérèts intenté à la ville par Tex^ préfet de la Gironde ^ le nombre des morts dans la fusillade des Fossés fut porté à quatre.
Au moment où s'exécutait cette fusillade, une compagnie de garde nationale , qui venait de se former sur une place Yoisine , étant survenue, parvint à apaiser l'irritation des citoyens sur lesquels on avait tiré. Sans cette intervention , on eût pu voir se renouveler la sanglante scène qui s'était passée dans le même lieu , le 20 août iUkS , àans laquelle