‹ Histoire de BordeauxChapitre 87 sur 143 · CHAPITRE HUITIEME. SU · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUITIEME. SU

M. de Monneins, commandant de Bordeaux, plusieurs of« ficiers de sa suite, et divers personnages notatbles "de cette ville, furent massacrés par le peuplé ; pafce (|(ie'ce etef avait fait un usage imprudent de son autorité dans oat émeute naissante. {Foyez ci-avànt, page il.)'

Pour prévenir une collision entre les habitants et les oa« - valiers^ ces derniers furent immédiatement lisgés dans 1« bourg de la Bastide par la mairie. U était de son devoirde les renvoyer sur-le-champ dans rendroitd'oàlls venaient, après la part qu'on les accusait d*àvoir prise aux malheurs de cette journée. Quoi qu^îl en soit , une graBde obscurité règne encore sur la question de savoir d'où )[>artit l'ordre qui fut la cause de ces malheurs; H se pûnrrâit qu'il e^t été seulement ordonné à Tescadron de faire un mouvement pour démasquer les avenues de THôtel de ViUe^qu'eneembrait alors là multitude , et que cet ordre ait été mal compris; Le troublé du moment autoriserait cette interprétation ; et elle fut même donnée par la garde nationale que le bruit de la fusillade attira sur les lieux , et qui eut le bonheur de parvenir à calmei^ l'effervescence du peuple.

Pendant que les habitants acquéraient la certitude que la mairie n'avait pas de sympathie pour l'élan populaire qui ^ se développait à Bordeaux , cette administratiém essayait de donner le change à l'opinion publique , en paraissant l|i consulter et ne vouloir agir que d'après le vœu général* Le i*' août, la mairie appela à l'Hôtel de Ville les [Mnncipaux membres des corps constitués , à l'effet de se concerter avec eux sur la ligne de conduite qu'il convenait de ^ivre dans ces circonstances. H fut résolu dans cette réu-r nion qu'afin de calmer l'irritation des habitants, les cour-

[ riers et autres voitures ne seraient plus retenus au passage de la Dordognc; que l'arrêté municipal du fS du mois

dernier, relatif à la circulation des nouvelles publiques, serait regardé comme non avenu ; que la mairie nommerait les officiers supérieurs de la garde nationale qui venait de se former , et que l'assemblée actuelle désignerait sujrle-champ six de ses membres pour aider radministration municipale dans ses fonctions jusqu'à nouvel ordre.

En conséquence de cette délibération , le courrier de Paris, qui avait été arrêté à Gubzac la veille, arriva à Bordeaux dans l'après-midi. Il était escorté de gendarmes et de chasseurs à cheval , de sorte qu'on ne savait d'abord si cette escorte lui avfiit été donnée pour le conduire en prison , ou bien pour le garantir de l'embarras de la foule qui l'entourait. Le courrier ordinaire du même jour entra dans la nuit , sans autre escorte que celle des habitants, qui étaient impatients de connaître les nouvelles qu'il apportait. Elles turent lues publiquement par les deux journalistes que la police avait interdits le 29 du mois dernier, et qui reprirent leurs publications le 2 août. Les grands événements qui s'étaient passés dans la capitale les 28, 99 et 30 juillet, furent bientôt connus dans Bordeaux^r Les habitants sortirent alors de Télat d'anxiété dans lequel ils avaient été pendant trois jours consécutifs.

La délibération que la mairie venait de prendre devenait totalement illusoire ; car ce qui en foisait l'objet s'exécutait sans le concours de son autorité et par la seule force des événements. Il lui était impossible de s'opposer à la réunion des citoyens, du moment qu'ils s'étaient levés en masse pour leur défense; et dans cette position, s'entretenir librement des affaires publiques était pour eux un besoin. Si l'on eût tenté de retenir plus longtemps à Cubzac les courriers, cet acte arbitraire aurait infailliblement exposé à toute l'irritation populaire ceux qui au-

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