CHAPITRE HUITIÈME
raient Toultt persiflera le maintenir. D'ailleurs, l'intention que la garde nationale avait manifestée dès la veille , de ne pas reconnaître les officiers supérieurs que la mairie voudrait, comme autrefois, lui imposer» prouvait qu'on n'avait pour l'administration actuelle aucune déférence, et que ses agents, ainsi que ses actes, inspiraient des sentiments peu bienveillants. Toutes ces circonstances annonçaient que le pouvoir échappait à la mairie ; elle devait l'abdiquer publiquement : on lui aurait tenu compte de cette démarche , qu'elle se vit dans la nécessité de se hftter de faire en secret le lendemain.
Dans la matinée du 2 août, le peuple renversa, au moyen d'une mine, la pyramide dite du XII mars (*) qu'on avait élevée à l'occasion de l'entrée du duc d'Angoulême à Bordeaux, en 1814^. En promenant en ville les morceaux de sculpture qui surmontaient cette pyramide, il fit effacer sur les enseignes des marchands les fleurs de lis qui pouvaient s'y trouver, et arbora en même temps le drapeau
(*) Bll« s^élevait de quinze mètres de hauteur à rembranchement des cheminii^^ du SaMoua et des Capucins, et offrait sur ses quatre faces Tinscriplion suivante : xu mars m. dcgc. xiv ; et plus bas : Vive le roi I On avait inauguré cette pyramide le 12 mars 1819. Les corps constitués s*y rendaient en cérémonie tous les ans à pareil jour. Lorsqu'on rabattit, ses inscriptions se trouvaient couvertes par le quatrain suivant:
Opprobre de notre patrie , De honte éternel monument.
Chacun répète , en te voyant :
Ici la France fut trahie.
266 IIISHOIIIE IIE 4QEDE4UX.
trio^Uoresur lea édifices |pixbU($» Le peupfe n^ se borpa p»s J| ÇQt acte d'adhésiQXi à.Ia réyolutioflL qui Yeoait de, &!o* Qérer ^9 Tétat , il voulul aboUr la mémoire du goayerr ttctmçatdécbUt enfaisantdispataltr^sur.Uos lesmonumjODit» delà ville le^ ioaigoes et jusqu'à la mention dé ce gouvei»- ^9Bf eut» ^ Teut ce)a s'effectua paisibljçmeut et san^ . résôstaoce dans la même journée. PUisieun inscriptions. et dmblfèm^ qui avaient rapport à rancieone dynastie ayant alors été oubliés surtout dans l'intérieur des églises» ils furent supprimés à la suite de quelques légers troubles, survenus dansTégMse de Saiot-Mlicbel« 1^ 14 lévrier 183i.
Quoique le^ habitants eussent agi avec beaucoup de^ calme dans cette occasion, la mairie parut craindre qu'ils ne passiasse^t à un état d'exaspération dont elle pourrait dç-» vei)ir victime.. Elle crut prudent de mettre fin. au,;ràle équivoqjuequ'eiUe jouait. L^ ^djpints $^uûU^jres,j(|i^'jÇJilf; s'était, dpnc^s ne L^i ayaient (Qurj^ jaigi^un e^p^^^t ji^our sc^iitir ,dei la fausse p^i.on. dan^ l^qpeUe.f^Uejse Jfçoj^valt placiie*, TjEius.les men^br^ de eette wr/^ se jd^t^mio^catf
efn&fk à|Câ$s^ t«(609nt^(riiAurs fipniciio^ avant 4'étr^.c<}9« traj#t^à )es. abai^onner pubtViueme^.; et 4di)s.la;$f>ir^ ^am^m^ jo^ ils quittèrent secrètement l'BôteA d& Vflle poivr n'y plus rentrerai Le. ooaseiller de .pr^eçture {piji avait pris la place du préfet délaissa également. les. vjiftes de l'administration qui échappaient à ses mains.
La disparition Buiattei des membro^d^^la maârie'ayaiii été reconnue, les électeurs du collège de Bordeaux se réunirent spontanément, le 3 août, à l'Hàtel^de Ville pour aviser au moyen de remplacer ce eorps dont^ r^aistenae te-
GUÀPitÈiÉ! litiinéiifE. iàir
nait edsentlellement à lâ tranquflliié pufiliquel On at^ëtà la formation immédiate â*ane contmission ptônéoire poix^ exercet" léS fonctions municipales. L'assemblée iioînmâ^ douze de ses membre^ (*)poar composer cette Cotiinâèslôiï^' elle fut choisie parmi les citoyens remarquables' ^ài* iédi* position sociale et leur amour pour le bien ^ubiic.'Sl f*oU eût tardé à prendre cette mesuré de prévo jranee , le tèpos de la ville courait risque d'être gravement colîiprèmis par uù événement imprévu qui snrrint le lendemain.
On se souvient que le 50 juillet, un escadron <Fe bhas*^ seurs à cheval que le préfet avait appelé à bordeat^x à Téc^ <;asion des mouvemente de la veille , s^était liVré dâfïis cette ville à des excès qtte la mairie n'avait point répriniésJ'Gés excès furent sur le point de se' renouveler: Lés mlKlàiréè qui 'les avaient commis^ étaient cantonnés à 'la Bastide > quand une diligence venant de Paris', etfaisaht fflittèf'vitt drapeâti trieélore sur Timpériieile , plissa dévànit leUr'^drps de garde. L'bffiéfer-qui yicdmîkianâait se périÉit de^tirer un coup de pistolet sut eë d)*apeaii pour WMtë am^ne^ par <!eltii qui le portait! 'Sur lé i^OÉsde^eedénî^, W16^ eier lui enlevk le drap^eau. LêéoûdneletB'r'âë'la diligèMicèi en eiifirânt à boirdéaux, putAia ce qui vefiait<A6'M'&i«Éif«ft àùt abords du <pont. Aussilât lesr gardes lialloUaUx qtii «è troûtaîent'sar^lé pe^^ formèrent Un détaëbëiUMI péup^ 1er venger l*a£Front ftiit au drapeau dont ild avaient- âddplë les couleurs; une collision sanglante allait s'iensuivre. La commission municipale la prévint : ayant été imforméede révénement , elle envoya deux de ses membres pour en ar-
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C) y0f6T àWL PiiHs ^U9iificativ$9^la nt^ jOLVt.
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au même instant,: ordonna à l'escadron de partir sur-lechamp pour Libourne où il tenait garnison.
Divers faits particuliers ont signalé la courte administration de la commission municipale. Nous nous bornerons à citer une de ses délibérations la plus remarquable, en ce qu'elle fut très-utile au commerce de cette ville. Les perturbations opérées dans les affaires par l'effet de la révolu*tion de juillet avaient occasionné une interruption subite dans les relations commerciales entre la capitale et les dé^ partemenls. Cetteinterruption s'était accrue dans'Bordeaux par suite des événements qui s'y étaient passés dans les derniers jours de ce mois et dans les premiers du mois <sui^ vaut. Plusieurs maisons de commerce de cette ville qui attendaient des remises du dehors ou des rentrées de fonds sur la pla^^e s'étaient vues forcées de suspendre leurs paiements. La banque de Bordeaux tenaHses bureaux fermés (*) depuis le 2 de ce mois, .tan tpar une mesure momentanée de sûreté que par rapport à la difficulté des reeouvrements. Elle avait en route un capital d'uni million en numéraire , qu'elle attendait de la banque de Paris , et que celle-ci hésitait de lui expédier* Dans ces derniers jours, beaucoup d'effets avaient été protestés, malgré les. bonnes intentions des débiteurs et des porteurs de ces effets. La commission municipale prenant en considération le pénible état des choses, demanda au gouvernement, le 6 août, de vouloir bien accorder un délai pour la présentation et le paiement dé ceux de ces effets dont le terme serait échu pendant les dernières journées de la révolution. Dans le même jour , le gouvernement transmit à la commission municipale , par la voie du télégraphe , une ordonnance portant
n Bile les rouvrit le 11 août.