‹ Histoire de BordeauxChapitre 92 sur 143 · CHAPITRE NEUVIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUVIEME

Bordeaux était le siège d'un archevêque qui prenait le titre de primat d'Aquitaine , et qui avait pour suffragants de sa métropole les évéqnes d*Agen , d'Angouléme , de Condom , de J^a Rochelle , de Luçon , de Périgueux , . de Poitiers « de Saintes, et de Sarlat. Les monuments historiques attestent que ce siège existait depuis le commencement du quatrième siècle, ainsi qu'on le verrs^ par les dyptiques des archevêques de Bordeaux , qui font partie des listes comprises dans ce chapitre.

On comptait dans le diocèse dix archiprètrés , quatre cent vingt-oinq paroisses, onze ahbay es royales, sept chapitres, soixante-deux prieurés royaux, deux commanderies de l'ordre de Malte , trente- neuf couvents d'hommes et dix-huit de femmes.

4® L'église de Saint- André était tout à la fois cathédrale, collégiale, et paroissiale. Il y avait un chapitre composé de onze dignitaires , vingt-quatre chanoines , quatre demichanoines , et huit prébendiers. L'époque de la fondation de la première église de Saint-André est inconnue. Celle qui subsiste actuellement fut consacrée le 5 mai 1096 par le pape Urbain II , à son retour du concile de Clermont , où il avait prêché la première croisade. Le bâtiment n'était pas encore terminé du temps de Clément V ; car ce pape étant à Bordeaux accorda des indulgences aux fidèles qui contribueraient à Tachèvement de cette église, par ses bulles du 10 mars 1507 et du 19 octobre 1308.

2^ L'église paroissiale de Saint-ChrisXoly, qui était dans la rue du même nom , est maintenant détruite.

3^ L'église abbatiale et paroissiale de Sainte-Croix est

2» HISTOmE DE BORDEAUX.

la pkis ancienne de Bordeaux. Certains. fragments d'antiquité trouvés dans des fouilles faites autour de cette église, et les scu]|>Uires qu'on voit sur le eeintre de sa porte d'entrée font {urésaiaer. que ce fut up temple païen. Mous (^-oyons que] c'était celui de Fernêmeti$ > dopt park le poëte Vénattee-Fartunal , évéque de Poitîero au sixièaie siècle.

li'église de Sainte-Croix faisait partie du couvent de oe nom, occupé par les bé|)édiotins qui avaient adopté la réforme de Saînt»Hauff en 16^3. Ce couvent était le c^beMieu d'une abbaye royale ^que l'on croit avoir été fondée par Clovis II en 650. Elle fut pjresque détruite par les Normands lorsqu'ils ravagèrent Boi^deaux, et fut rétablie vers l'an SM par les libéralités d'un duc d'Aquitaine.

Une partie de l'église de Sainte-CroÎK servait pour la paroisse de ce nom. C'était» aveo celles de Saint- André et de Saint-Seurin , une des trois églises de Bordeaux qui jouissaient du privilège exclusif d'administrer le baptême auiL babitanta do cette villç.

4° L'égli&e paroissiale de Sain^e-rCoIombe , qui était près de la place de ce nom , fut construite en i688pour remplacer celle qui venait de tomber de vétusté, et qu'on croit avoir été un temple de Diane. C^tte église était desservie par quatre prêtres bénéficiers^ Elle est démolie depuis le eommeiicement du siècle.

S^ L'église paroissiale (}e Saiat-Ëloî fut bÂtie en 1 189. Le 15 mai 1587 on inbuma dans cette éf^ise Elle Vinet » un des plus babiles critiques de squ temps, tepariement, la jurade, et l'université de Bordeaux:, assistèrent en corps à ses obsèques pour bonorer la mémoire de ce savant recommandable qui avait dirigé le collège de Guienne pendant un denu-siècle , et qui avait eonceuru par ses leçons

GHÂPITRB NBUVIEaiB. 195

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fr L'éiflise paroiflftiàto de Sainfte-EulaUe a ^ rtebidâe -en 1174. On prétend quedutrlemagne avait déposé dan^Faneienne église les eorps de sept saints qa'il avait trouvée en Espagne. On les porte tons les ans dans une procession qui a lieu après la fête de Saint-Clair, l'un de ces saints. Cette église était desservie par sept prêtres bénéiciers.

V L'égHse patoissiale de Saint^Mexant était située ' au coin des rues Sainte-^Catherine et du Parlement. On Ta démolie il y a une trentaine d*années<

8^ L'église paroissiale de Sain^*lli€hel a été bàlie en 1160. Elle était desservie par vingt-cinq prêtres bénéfi» ciers. Louis XI étant à Bordeaux en ikfA ordonna la construction du elocfaer de Saint-Micbel qui avait cent mètres de hautear. Il fut achevé au bout de trente ans. Sa Hèebe fat «battue par un violent ouragan qui 'survint dans la nuit du % septembre 1768. La tour qui supportait la flèche sert pour le télégraphe depuis 1833. Par suite de la déçvotion qu'il portait à saint Michel , Louis XI institua en même temps dans cette église la confirérie des Montuzets, à laquelle il accorda divers privilèges. Dans l'origine, personne ne pouvait etercer à Bordeaux la profession de marin qu'après avoir été reçu dans cette confrérie. Elle se rendait processionnellement , le jour de TÂseension , à la chapelle des Montuzets, commune de Plassac, près de Blaye, où la confrérie possédait un domaine rural. Cette chapelle était desservie par des prêtres de la congrégation de S« Vincent de Panle. La confrérie des Montuzets avait le privilège de paraître , dans les cérémoitfes publiques , précédée d'enseignes aux couleurs de la ville , se« pitncipaux ofiGciers étant revêtus d*un costume militaire.

9^ La seule église paroissiale qui fut bâtie dans les fau-* bourgs de Bordeaux était celle de Saidt-Nicolas des Graves. Elle était anciennement réservée aux Gahets, gens qu'on prétendait descendre des familles de ceux des Goths qui étaient restés en Guîenne après l'irruption que cette nation y avait faite. Les préjugés du temps avaient établi ' entre ces derniers et les anciens habitants de Bordeaux une ligne de démarcation telle, que ces différentes familles ne s'alliaient pas entre elles, et qu'il était même défendu à celles des Gahets , par tin statut de Bordeaux de l'an 1555 , de paraître en ville sans avoir sur leurs vêtements une marque particulière qui leur était prescrite , attendu qu'on les disait atteints de la lèpre. Ces préjugés n'étaient pas parfaitement éteints dans le siècle dernier, car un arrêt du parlement, du 27 mars 1738, fait a défense de mo- (( lester aucuns particuliers prétendus descendus de la (( race de Giezzt, et de les traiter d'^^o^^, Cagots^ Gahets, (( et Ladres^ à peine de cinq cents livres d'amende «. L'arrêt veut que les Gahetssoieni admis à toutes les assemblées que les habitants feront, ainsi qu'aux charges municipales et aux honneurs de Téglise, comme tous autres.

10^ et 11^ Les églises paroissiales de Saint-Pierre et de Saint-Projet étaient desservies chacune par sept prêtres bénéficiers. La première a été conservée.

12^ L^glise paroissiale de Notre-Dame de Puypaulin,. actuellement démolie, était sur la place de ce nomi U vient de l'ancien château de Puypaulin auquel cette église*était adossée.

15^ L'église paroissiale de Saint-Remy, élevée prés la place de ce nom, est maintenant hors de service. Elle fut bâtie au commencement du seizième siècle. Un évêque in partibus la consacra , attendu que l'archevêque de Bor--

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