CHAPITRE NEUVIEME
deaux n'avait pas encore été ordonné prêtre, ainsi qu'on l'apprend par l'inscription suivante que nous avons lue sur le mur septentrional de cette église :
Le cler mirouer de sagesse et prudence
Que Ton nommoit Pierre de Sidounence,
Lequel, pendant qu*en ce monde estoit yif ,
Avoit estât d'evesque portatif,
Et à bon droict mis au trez saînct lieu
De Jean de Foyx, révérend père en Dieu,
De ceste ville archevesque sacré,
A ce sainct lieu et temple consacré
L'an aprez mil et cinq cents le douzième ,
Du journ de may que Ton compte seizième.
14^ L'église collégiale et paroissiale de Saint-Seurin, dont l'époque de la fondation est inconnue, en remplace une plus ancienne qui était dédiée à saint Etienne. Une inscription qui se lit sur la porte d'entrée du côté méridional apprend que le porche a été bâti en 1267. Le chapitre de Saint-Seurin se composait de quatre dignitaires, de seize chanoines, de quatre demi-chanoines, et de quatre prébendiers. Ce chapitre , ainsi que celui de Saint-André , jouissait sur une partie de la ville des droits de moyenne justice qu'il faisait exercer par des officiers à sa nomination. Ces deux justices seigneuriales avaient ce privilège particulier , que les artisans qui étaient établis dans le territoire des sauvetats de Saint-André et de Saint-Seurin pouvaient exercer publiquement leurs métiers, sans être obligés de payer le droit de maîtrise, comme les autres habitants de Bordeaux qui formaient des corporations particulières»
On voit dans la paroisse de Saint-Seurin les ruines d'un monument antique , actuellement connu sous le nom de
Palais Gallien , et sous celui de las Àrenas dans de vieux titres. C'était un amphithéâtre qui servit aux spectacles pablics pendant que Bordeaux resta sous la domination romaine. On présume qu'il fut construit du temp» de l'empereur Gallien , c'est-à-dire vers le milieu du troisième siècle. Cet édifice de forme ovale avait cent trente-sept mètres de longueur sur cent quatorze de largeur. L'élévation du mur de façade était de vingt et un mètres. Les cinq autres murs de l'intérieur diminuaient de hauteur en allant vers le centre , où était l'arène du cirque, qui avait soixante-dix-neuf mètres dans son plus grand diamètre , et cinquante-six dans le plus petit. Quatre galeries circulaires étaient destinées aux spectateurs. Chaque mur du pourtour de cet amphithéâtre était percé de soixante ouvertures en arcades, dont les plus grandes avaient six mètres de hauteur sur deux de largeur. Aux deux extrémités du grand diamètre de l'ovale était une porte d'entrée ayant neuf mètres de hauteur sur six de largeur : elle était drnée de quatre pilastres avec leurs chapiteaux, qui supportaient l'achitrave. Au-dessus de cette porte et à l'étage supérieur s'ouvrait une arcade de six mètres de hauteur sur trois de largeur, également accompagnée de pilastres, au milieu desquels étaient deux niches pour des statues. Une corniche soutenue par des consoles et surmontée de divers ornements d'architecture régnait autour de cet édifice et le terminait. Tous les murs étaient bâtis en pierres carrées , qui avaient dix centimètres d'épaisseur sur trente-quatre de longueur. Ces pierres étaient entrecoupées , de dix en dix assises , par trois rangs de briques , partie plates et partie à larges rebords sur le parement, et dont chacune avait quatre centimètres d'épaisseur, quarante-sept de largeur, et quarante-huit de longueur.