CHAPITRE NEUVIEME
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enl672, et quatre ans après, le gouvernement autorisa leur établissement. Ces religieuses n'étaient pas cloîtrées. Leur couvent était rue des Minimes. On voyait les armes de Montaigne sur la façade intérieure de la porte d'entrée de ce couvent, parce que la famUle de ce philosophe avait donné quelque terrain pour le bâtir. Lui-même avait son hôtel sur le côté septentrional du couvent des minimettes.
10® Le couvent de Notre-Dame, d'àbordétablienl607 près la porte Saint-Germain, fût construit en 1616 dans la rue du Hâ , par les libéralités du conseiller Rosséguy de Lancre. Il y avait une pension pour les jeunes demoiselles. Ce couvent reconnaissait pour fondatrice M™^ de Lestonnac , veuve du baron de Landiras et nièce de Michel de Montaigne. -j
11® Le couvent des orphelines ou de saint JoseplMètait originairement une école de jeunes pauvres orphelines , fondée dans la rue Permentade par le conseiller H. deâ Massip en 1616. Cet établissement fut érigé en commu'nauté religieuse par lettres patentes en 1638, et transféré dans le local qu'il a occupé jusque dans ces derniers temps à l'angle dès rues Sainte-Ëulalie et Mîogin. Les religieuses, n'étaient pas cloîtrées. Elles tenaient une pension pour les jeunes demoiselles. Une partie de ce couvent est maintenant occupée parles sœurs dé la charité, et l'autre par des dames qui se vouent à l'éducation des filles indigentes.
12® Le couvent des ursulines , rue Sainte- Eulalie , fut commencé à bâtir en 1608. M™® de Cazères , dame trèspieuse de Bordeaux , contribua beaucoup à son établissemeîit. Les religieuses étaient cloitréés et tenaient une pension de jeunes demoiselles et une école gratuite pour les petites filles.
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43^ Le couvent de la Visitation , qui était sur les fossés des Tanneurs, avait pour fondatrice M^^ de Galatheau, baronne de Saueats. Il fut commencé à bâtir en 1690 ; les religieuses en prirent possession huit ans après. Quoiqu'elles fussent établies pour visiter les malades et leur porter des secours y cependant celles de Bordeaux étaient cloîtrées. Elles tenaient une maison d'éducation.
i^ On appelait universitéjun corps de professeurs établis par l'autorité pour enseigner gratuitement les langues anciennes, les belles-lettres et leS'Sciènces, examiner les personnes qui avaient suivi cet enseignement, et leur délivrer des certificats de capacité appelés grades , sans lesquels on ne pouvait exercer certaines fonctions. Il y avait ordinairement dans une université quatre facultés ou eoVléges distincts , savoir, pour la théologie , pour le droit, pour la médecine, et pour les beaux-arts. L'université de Bordeaux avait été fondée en 1^1 à la demande de l'archevêque Pey-Berland et des jurats, en vertu d'une bulle du pape Eugène IV, confirmée par Louis XI en 1473. Les lettres de gradué dans cette université s'expédiaient an nom de son chancelier , fonction attribuée à l'archidiacre du Mëdoc , parce que cette contrée avait vu nattre l'archevéque Pey-Berland > qui avait provoqué Fa fondation de cet établissement. L'université de Bordeaux ne possédai t pas d'édifice particulier pour tenir ses assemblées. Elle se réunissait dans le couvent des grands carmes , où les professeurs de théologie donnaient leurs leçons.
La faculté de droit avait son collège dans la rue des Lois. On ne connaît pas l'époque de la fondation de ce col-
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lége. Celai de médecine remonte à l'an 141 i. Ce coMége était établi rae des Ayres. On prenait les grades dans la faculté des arts , après avoir suivi le cours de philosophie au collège de Guienne.
S^ 11 existait à Bordeaux , dès le quatrième siècle , un collège fameux qu'Âusone a célébré , et d'où il fut tiré pour devenir l'instituteur du fils et successeur de l'empereur Valentînien P'. Ce collège ayant subi les révolutions que firent éprouver à l'Europe la barbarie et l'ignorance lors de la destruction de l'empire romain , fut rétabli en 15S4 par les jurais, qui y appelèrent pour professeurs les plus savants hommes du temps , entr'autres Govea , Muret , Buch^nan » Scaliger, et Vinet. Il portait le nom de coUége de Guienne i et était primitivement établi dans la rue de ce nom. La jurade en occupa le bâtiment en 1772, époque où elle abandonna l'ancien Hôtel de Ville qui menaçait ruine. Alors on transféra ce collège dans la ci-devant maisonprofesse des jésuites. La direction en fut confiée k la congrégation des doctrinaires en 178S. On y enseignait les humanités, les belles-lettres, la philosophie, les mathématiques, et la théologie.
5^ Le collège de chirurgie était établi dans la rue Lalande* L'amphithéâtre où se donnaient les leçons avait été construit en 1783 , aux frais de chirurgiens de cette ville, qui y faisaient des cours publics sur les diverses parties de leur art.
4® Naos avons parlé ailleurs de la fondation de l'acadé^ mie des sciences* Il nous reste à faire connaître celle de peinture, sculpture, et architecture civile et navale, qui a été également formée par des habitants zélés pour les progrès des arts. En l'année 1768, divers amateurs et artistes distingués de Bordeaux réunirent leurs moyens pour procurer
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à recèle publique de dessin « que M. de Tourny avait fondée dans cette ville, une grande extension à l'enseignement qui y était donné. Les premiers firent plusieurs dons en dessins , tableaux et morceaux de sculpture » pour servir de modèles aux élèves de cette école ; les autres se concertèrent ensemble pour y enseigner diverses parties des arts quMls exerçaient. Les mêmes personnes qui avaient contribué à tirer de l'obscurité l'école de dessin , voulurent la maintenir dans l'état brillant où ils l'avaient mise , en formant auprès d'elle une société académique qui encourageât ses succès. Elles obtinrent du gouvernement des lettres patentes (du 14 novembre 4779) qui les autorisèrent à se constituer en académie de peinture, sculpture et archi« tectdre civile et navale. Cet établissement a été emporté par la tourmente révolutionnaire : son rétablissement serait utile.
S" En 1783 , M. Dupré de Saint-Maur, intendant de Bordeaux , réunit plusieurs amis des arts , et leur abandonna la salle des concerts, qui dépendait de l'hôtel de l'Inten^ dance, pour y tenir leurs assemblées. Cette société, sous le nom de musée, tenait tous les ans quatre séances publiques, qui étaient terminées par un concert à grand orchestre. Un choix des ouvrages lus dans ces séances a été recueilli dans un volume in-8^ qui a été puMié en 1787; Le musée n'a sufisisté que pendant dix ans.
6® Il a existé de tout temps à Bordeaux une école d'bydrographie, dont le professeur était rétribué par la ville, pour enseigner les éléments de la navigation. On y conférait, après un examen préalable, le titre de capitaine de navire de la marine marchande.
7** M. de Cicé, archevêque de Bordeaux > doit être regardé comme le fondateur de l'école des sourds-muets, la
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seconde qui ait été établie en France. Ce prélat , après avoir envoyé k ses frais l'alAé Sioard à Paris, pour apprendre la méthode d'enseignement de Tabbé de l'Ëpée, détermina plusieurs riehes habitants de Bordeaux à former une souscription pour l'instruction d'un certain nombre de sourds-muets. L'école fut d'abord établie dans une maison rue Capdeville. La première séance publique de cette école eut lieu le 30 février 4786. Deux ans aprèsi, les jurats acci^dërent une pension à l'abbé Sicard , qui fut déclaré instituteur en chef de l'école des sourds-muets. Nous parlerons ailleurs des accroissements qu'elle a reçus. ^
8<> En 1758, les jurats appelèrent des frères de la charité pour tenir de petites écoles, où l'on enseignerait gr^^tuitement à lire, à écrire « et à calculer /, aux enfants d^ peuple. Quatre de ces écoles furent établies dans autant de quartiers de la ville. C'est le seul des projets d'utilité publique conçus par M. deTourny qui ait été exécuté après son rappel de l'intendance de Bordeaux.
Il est pénible de remarquer que jusqu'à cette époque on n'avait presque rien fait dans cette ville pour l'instruction populaire. Nous disons presque» car dans trois cou-^ vents de femmes il y avait de petites écoles où l'on apprenait à lire aux jeunes filles. Dans aucun couvent d'hommes on ne tenait de pareilles écoles pour les garçons. Cependant on comptait à Bordeaux six de ces couvents qui faisaient quêter en ville pour leur subsistance, et qui, par reconnaissance , auraient bien dû faire participer au bienfait de l'instruction primaire le peuple qui les nourrissait.
i^ L*hApital de Saint* André, qui était établi dans la rue de ce nom , fut fondé par Vital Caries , chanoine et grandchantre de la cathédrale. L'acte de fondation , rédigé en patois gascon par le fondateur , est du â& décembre 1590.
Cet hôpital ne contenait originairement que Tingt-six lits pour les malades indigents. 11 a reçu de grands accroissements par les dotations que lui ont faites plusieurs particuliers , et entr'autres le président Boyer, auteur des Décisions de droit qui portent son nom. En 4858 , ce magistrat donna tous ses biens à cet hôpital, dans l'église duquel il voulutêtre inhumé. -
L'étendue et les revenus considérables de cet établissement permettaient d'y admettre toute espèce de malades. Il était administré par un bureau composé de Farchevèque, du K3:rand- chantre de Saint-André, d'un président, de quatre conseillers, et du procureur général au parlement, de deux conseillers à la cour des aides, de deux jurats, du procureur-syndic, et de six notables citoyens. Il y avait, pour le service des malades,, deux aumôniers , deux médecins, deux chirurgiens-majors, quatre chirurgiens internes, vingt-quatre sœurs de la charité, et vingt infirmiers des deux sexes. Un nouvel hôpital, dont nous parlons à la page StkS, remplace celui-ci, qui est démoli. Sur le terrain qu'il occupait on a bâti les casernes de la garde municipale en 1857. En fouillant ce terrain on a trouvé desres- ' tes de constructions romaines, qui faisaient probablement partie du temple de Jupiter , dont on découvrit les vestiges lorsqu'on construisit l'Hôtel de Ville actuel. Ce temple avait donné son nom à l'ancienne porte Dijeaux , évidem-