‹ Histoire de BordeauxChapitre 98 sur 143 · CHAPITRE NEUYIÈHB · texte numérisé non relu

CHAPITRE NEUYIÈHB

ment formé des mots latins de Joçe. La dénomination de jmdi, en latin dies Jaçis, se traduit en gascon par Dijaoux.

â° L'hôpital de la Manufacture n'était pas rigourensement un hôpital destiné aux malades , mais un hospice de secours ouvert aux indigents des deux sexes du premier et du dernier âge» qu'on occupait suivant leups forces à des travaux manuels de £acileexécution. Ces personnes faisaient certains ouvrages qu'on ne fabriquait pas alors à Bordeaux, comme des broderies au tambour , des linons , dés dentela les , des fils de lin et de coton , et surtout des épingles , que fEncydapédde , édition in-folio , cite comme étant d'une qualité supérieure à celles qu'on faisait en d'autres lieux de France. On recevait dans cet hôpital les orphelins, depuis l'âge de sept ans jusqu'à celui de «quatorze , un certain nombre de vieillards indigents, et les enfants qu'y versait l'hôpital des enfants trouvés , qui avait subsisté sépa* rément depuis 471^ dans la rue Bouhaut^ au coin de la rue MÎDgin, et qui fut réuni à celui de la Manufacture en 1775* 11 y avait aussi dans cet établissement un local destiné aux aliénés.

L'hôpital de la Manufacture avait été fondé en i6âi|^ par un» Taii2ia , veuve de M. de Brezets , conseiller au parler miMit. n reçut peu après des accroissements par les libéralités de M™* de Lestonnac, veuve du président de Gourgue. L'établissement en fut confirmé par lettres patentes du 6 juin 1662. Il était administré par un bureau comme l'hi^pital Saint- André. Indépendamment des sœurs de la cha-^ rîté qui desservaient cet hôpital , il y avait quinze femmes séculières , appelées dames noires. Il était pourvu à l'entretien de ces dernières par une donation faite en 1715 par la demoiselle Peyronin, qui avait légué à l'hôpital des biens suffisants pour cet objet.

3^ La maison de force avait été anciennement fondée par la ville » pour y renfermer les aliénés et les femmes condamnées à la réclusion.

k? Le nom de l'hôpital des incurables annonce sa destination. Cette maison avait été fondée en 1745 par M. de Bigot , conseiller au parlement. M*"* veuve de Gombault «I M. Lamothe la dotèrent subséquemment. L'hôpital des incurables était administré par un bureau particulier, composé d'anciens jurats.

8^ L'hôpital de Saint-Charles était établi et entretenu à la chartreuse en faveur de treize pauvres vieillards. H y avait une chapelle à l'entrée de ce couvent, dans laquelle étaient admises les femmes : elles ne pouvaient pénétrer plus avant dans la chartreuse sous aucun prétexte.

6^ Il y avait dans toutes les paroisses un bureau de charité composé d'un certain nombre de dames qui se partageaient la bpnne œuvre de faire des quêtes et de recevoir les aumônes pour les pauvres familles de leur arrondissement respectif , dans lequel elles distribuaient des secours à domicile.

7^ On comptait cinq maisons de secours publics dans cette ville. Elles étaient dirigées par lœ sœurs de la charité qui étaient chargées de visiter les pauvres de leur arrondissement , de leur distribuer , au besoin , des remèdes , du bouillon et du pain , et de tenir école gratuite pour les petites filles. Les fonds nécessaires à Fentretîea de ces maisons provenaient de certaines dotations et des aumônes particulières recueillies dans les paroisses.

8° La société philanthropique s'était formée en 1784 d'une réunion particulière de plusieurs habitants notables de Bordeaux, qui consacraient le produit des souscriptions volontaires faites entre eux au soulagement d'un certain

Page 1