HISTOIRE DE BOSSL'ET
objets plus dignes d'une ame telle que la sienne. L'exemple de la duchesse de Longueville, entraiiie'e autrefois dans les mêmes engagemens et les mêmes erreurs, l'avoit déjà disposée à envisager la religion sous un aspect plus favorable et plus consolant. Mais ces premières impressions n'avoient pas laissé des traces assez profondes pour résister au mouvement et au spectacle du monde , lorsque la mort du prince Palatin, et le mariage de sa fille avec le fils du grand Conde la ramenèrent à la Cour en i653. Soit qu'elle se sentît blessée du peu de sensation que sa présence excita dans une jeune Cour , où tout éloit changé depuis qu'elle y avoit joué un si grand rôle, soit plutôt qu'elle comprît mieux la vanité de tous ces frivoles succès qui avoient agité son imagination dans les jours de sa jeunesse, elle céda enfin à des avertissemens extraordinaires qu'elle parut recevoir du ciel même , et qui achevèrent de fixer ses pensées et ses irrésolutions.
Mais avant de rendre compte des circonstances singulières de la conversion de la princesse Palatine , Bossuet présente à la méditation de ses au» diteurs la plus belle censure qui ait peut-être jiimais été portée contre les incrédules. C'est dans une oraison funèbre , c'est par une espèce d'in- SDiration du moment, sans préparation, sans ostentation, sans paroître ni attacher, ni môme attendre plus d'efïet de cette partie de son discours , que de toutes les autres considérations qui la précèdent ou la suivent , que Bossuet a réuni en trois pages tout ce qu'on a jamais pu dire de plus fort et de plus concluant contre l'indifférence en matière de religion. Ce beau morceau mérite d'être