IQÔ HISTOIRE DE BOSSUET
i> Comment pourroit-on dire que la pudeur » d'une jeune fille n'est point oflense'e par tous les » discours, où une personne de son sexe parle de » ses combats , où elle avoue sa défaite , où elle » l'avoue à son vainqueur même; ce qu'on ne voit î) point dans le monde j ce que celles qui succom- » bent à cette foibiesse, y cachent avec tant de >) soin , une jeune fille le viendra apprendre à la » come'die; elle le verra, non plus dans les hommes, » mais dans une fille qu'on représente modeste et » vertueuse; et cet aveu dont on rougit dans le se- » cret, est jugé digne d'être révélé au public, et » d'emporter comme une nouvelle merveille l'ap- )) plaudissement de tout le théâtre. »
On prétendoit que la comédie épure ordinairement ce qu'il y a de répréhensible dans ces foibleàses du cœur, dans ces aveux trop séduisans d'un sentiment coupable, par le mariage qui forme le dénouement bannal de presque toutes les comédies.
« Mais, comme l'observe Bossuet, on commence î) toujours par s'abandonner aux expressions de » l'amour. L'empire de la beauté et cette tyrannie » qu'on y étale sous les plus belles couleurs, flatte » la vanité d'un sexe , dégrade la dignité de l'autre, » et asservit l'un et l'autre à l'influence des pas- » sions qui parlent le plus aux sens. Le remède î) des réflexions ou du mariage vient trop tard j le ») foible du cœur est attaqué, s'il n'est vaincu* et » l'union conjugale , trop grave et trop sérieuse » pour passionner un spectateur qui ne cherche » que le plaisir, n'est que pour la forme dans la » comédie. »
Dans Tua des fragmens de l'écrit du père Cnf.