HISTOIRE DE E05SUET
w plier ? Dieu nous aide clans les tentations qui » nous arrivent par ne'cessitéj mais il abandonne » souvent ceux qui les recherchent par goût et » par choix. »
Bossuet fait ensuite le tableau le plus effrayant des de'sordres qu'on reproche assez ge'ne'ralement aux personnes qui se sont engagées à monter sur le théâtre , à celles surtout à qui la foiblesse naturelle de leur sexe semble recommander particulièrement la modestie et la retraite ; et il termine ce récit trop fidèle des scandales qu'on a souvent sous les yeux, par cette terrible apostrophe : Quelle mère ^ je ne dis pas chrétienne^ mais tant soit peu honnête , n'aimeroit pas mieux voir sajille dans le tombeau que sur le the'âtîe?
On peut observer dans cet écrit de Bosâueî , comme dans tous ses autres ouvrages , cette exactitude et cette mesure dont il ne s'écarte jamais dans les discussions mêmes oîi il défend avec le plus de chaleur l'opinion qu'il juge la plus conforme à l'esprit de l'Evangile et à la pureté de la morale chrétienne.
« Quant à ceux qui fréquentent la comédie , » écrit Bossuet, comme il y en a qui sont plus in- » nocens les uns que les autres^ et peut-être quel- I) ques-uns qu'il faut plutôt instruire que blâmer, » ils ne sont pas répréhensibles au même degré* » et il ne faut pas fulminer également contre tous; » mais il ne s'ensuit pas de là qu'il faille autoriser » les périls publics. y>
La lettre de Bossuet au père Caffaro eut tout l'eft'et qu'il en avoit attendu et espéré ; et l'on voit par la réponse {a) humble et modeste de ce
(<*) Du 22 mai 1693.