‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 12 sur 154 · LIVRE UUlTiEME. ' li-j · texte numérisé non relu

LIVRE UUlTiEME. ' li-j

cette oinison funèbre , rend à la princesse Palatine un te'aioignage qui a un grand poids dans sa bouche, et qui contirine ce que nous avons de'jà dit de ses opinions sur cette malicre. « Sa foi » (de la princesse Palatine) ne fot pas moins » simple que vive. Dans les fameuses cjueslions » qui ont trouble' en tant de manières le repos de » nos jours, elle déclaroit hautement qu'elle lia- » voit d'autre part a y prendre^ que celle d'obéir » a l'Eglise. »

Uoraison funèbre de la princesse Palatine est peut-être de toutes les oraisons funèbres de Bossuet , celle qui atteste le plus la force et la fécondité de son ge'nie. Si elle n'a pas l'éclat, la pompe que l'on admire dans celle de la reine d'Angleterre, de MADAME Henriette et du grand Conde, c'est parce qu'on ne doit point les y chercher. Mais elle offre plus qu'aucune autre de vastes sujets de méditation aux âmes religieuses^ et même à celles qui désirent de fixer leurs pensées incertaines sur les fondemens de la religion. En un mot , on peut dire avec M. delà Harpe, que celle oraison funèbre est le plus sublime de tous les sermons (0. Il y avoit à peine cinq mois que Bossuet venoît de prononcer Xoraison funèbre de la princesse Palatine, qu'il se vit encore forcé par des considérations puissantes sur son cœur à rendre les mêmes honneurs à la mémoire d'un homme qui lui avoit rendu des services imporlans dans sa jeunesse, et dont le fils avoit également des droits

C») La princesse Palati.ve mourut au palais du Luxembourg le 6 juillet 1684^ ^^ ce ne fut que le 9 août de Tannesuivante , que Bossuet prononça son oraison funèbre dans Véi^lise des Carmélites du faubourg Saint- Jacques.

aS UISTOIRE DE BOSSUET,

à sa reconnoîssance. Le chancelier le Tellier (0 avoit été un des premiers auteurs de l'élévation de Bossuet par ces témoignages indirects , qu'un ministre est à portée de rendre sans compromettre ni user son crédit , et qui souvent ont plus de succès que des sollicitations éclatantes. Sans sortir de la circonspection naturelle de son caractère , il avoit accoutumé de bonne heure l'oreille de Louis XIV à entendre le nom de Bossuet comme celui d# l'un des ecclésiastiques de son royaume qui devoit le plus honorer le discernement et le choix d'un monarque digne d'apprécier son génie et ses lalens. Les sermons de Bossuet à la Cour avoient ensuite fixé l'opinion personnelle de ce prince, qui avoit l'esprit aussi juste que les sentimens élevés. On a vu que l'archevêque de Rheims, fils du chancelier, avoit également rendu un service très'imporlant à Bossuet encore jeune, à l'occasion de son procès pour le prieuré de Gassicourt. Depuis cette époque , i'archcvéque de Rheims s'étoit toujours honoré du titre d'ami de Bossuet^ et plus souvent encore de celui de son admirateur.

Un amour propre assez naturel faisoit vivement désirer à l'archevêque de Rheims, que l'homme le plus cloquent de son siècle fût l'historien et le panégyriste de son père. Bossuet ne put refuser à l'amilié et à lareconnoissance un témoignage qu'on lui demandoit comme une grâce , et qui lui parut un devoir. L'archevêque de Rheims ne fut trompé ni dans ses conjectures , ni dans ses espérances; et le chancelier le Tellier est resté plus

(0 Le chancelier le Tellier mourwX. le 28 octobre i685, et Bossuet prononça son oraison funèbre dans l'église paroii»siale de Saint-Gervais^ le 25 janvier 1686.

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