‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 133 sur 154 · LIVRE DIXIÈME. iGl · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. iGl

roissoient faire impression sur l'esprit de quelques ihe'ologiens du Pape, et les disposoient à accueillir des interprétations, qui modiiloicnt jusqu'à un certain point ce que le livre avoit de plus répre'liensible.

Mais rëtonnement fut extrême à Paris, lorsqu'on y apprit tout-à-coup que les examinateurs nomme's par le Pape , pour donner leur avis sur le livre des Maximes des saints , s'étoient trouvés partage's d'opinion , après soixante-quatre congre'^ galions de sept heures chacune, à un grand nombre desquelles le Pape avoit assisté en personne. Sur dix examinateurs, cinq décidèrent que le livre des Maximes des saints devoit être exempt de censure. Cinq autres déclarèrent qu'il renfermoit un grand nombre de propositions dignes de censure.

La controverse de Bossuet et de Fénélon , malgré l'ardeur et la véhémence qu'ils y avoient également montrées, s'étoit jusqu'alors renfermée dans les bornes d'une discussion doctrinale. Mais elle prit un caractère plus affligeant , lorsque des discussions de fait et des accusations personnelles vinrent se mêler à un combat déjà si animé.

Fénélon , dans l'une de ses lettres auPape, s'étoit plaint des procédés de ses confrères avec une sensibilité qui n'étoit pas exempte d'amertume; et il sembloit en donner l'opinion la plus défavorable, en déclarant qu'ils avoient été d'une nature si offensante , qu'on ne pourroit jamais le croire , s'il les faisoit connoître. Bossuet se persuada peut-être trop facilement, qu'une accusation si grave exigeoit de sa part la justification la plus solennelle, et il publia sa Relation sur le Quiélisme. Malheureuse-

â6'2 HiSTOIBE DE DOSSUET,

ment cette Relation étoit plus faite pour achever d'aigrir le cœur de Fénélon, que nécessaire à la de'fense de Bossuet; et le souvenir qui en est resté est également pénible pour les admirateurs de l'un et de l'autre.

XML — Bossuet publie la Relation sur le Quie'tisme.

La Relation sur le Quiétisme se compose presque entièrement des extraits d'un mémoire que Fénélon avoit adressé à M*"" de Maintenon dans i'épanchement de la confiance et de l'amitié, et des Jragmens de quelques manuscrits que madame Guy on avoit livrés à la discrétion de Bossuet, dans le temps où elle avoit réclamé ses avis et ses instructions.

Il étoit impossible sans doute de mettre plus d'art, d'esprit et de goût, dans le récit de toutes les folies et de toutes les rêveries de M""^ Guyon. Bossuçt avoit su joindre à ce tableau si piquant ces grands mouvemens d'éloquence, qui venoient j répandre tout-à-coup un caractère inattendu de gravité, de force et de majesté.

« («) A l'égard de M. l'archevêque de Cambrai, >» disoit Bossuet, nous ne sommes que trop justi- « fiés par les faits incontestables de cette Relation^ » et je le suis en particulier , plus que je ne vou- » drois. Mais pour faire tomber tous les injustes re- » proches de ce prélat, il falloit voir, non pas seuî) lement les parties du fait, mais le tout jusqu'à sa » source. C'est par là , j'ose le dire , qu'il paroît que î) dès l'origine, on a tâché de suivre les m.ouvemens » de celte charité douce, patiente, qui ne soupî) çonne, ni ne présume le mal

C") Relation sur le Quiétismej t. xxix , p. 6^7 et siày. ihid.

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