‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 141 sur 154 · LIVRE DIXIÈME. · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME.

» dëroboit cette gloire ù lui-même, plus le public » s'empressoit de la lui donner. A la nouvelle de » l'arrivée du bref, il se renferma , comme je l'ai » dit, dans son intérieur; et toute la terre vint le » chercher dans sa retraite. Ce fut un concours chez » lui de personnes de toutes sortes de conditions; w tous les évoques qui se trouvoient à Paris, vin- » rent les premiers. Les lettres des absens et de » toutes les personnes déconsidération du royaume, « vinrent pendant deux mois faire honneur à son » triomphe. Les princes donnèrent les premiers » cet exemple en personne, et par écrit, pour » féliciter M. de Meaux sur le grand procès qu'il » avoit gagné à Ptome. C'étoit le langage de tout » le peuple^ non-seulement de quelques villes, » mais encore de la campagne, qui se disoient les » uns aux autres : M, de Meaux a gagné son pro^ » ces à Rome contre M. de Cambrai. »

On se doute bien que les premiers jours qui suivirent l'arrivée du bref du Pape, et avant que l'on put être encore instruit à Paris du parti que prendroit Fénélon, on s'épuisa en conjectures, et en vains discours sur les mesures qu'on seroit forcé d'adopter, s'il refusoit de se soumettre au jugement qui le condamnoit.

L'abbé Ledieu rapporte « (^) qu'il a toujours » remarqué que M. de Meaux n'avoit jamais douté » que M. de Cambrai ne se soumît à sa condam- » nation, et qu'il n'avoit pas d'autre parti à pren-

» dre Alais pourquoi^ lui demandoii-on ^ qua-

» t'il a craindre? Peut-on le déposer? Et qui le » déposera ? C'est ici l'embarras. On ne souffri- » roit pas en France que le Pape prononçât contre C") Mts. de Ledieu.

Page 1