LIVRE DIXIEME. 2o
» André avoilfait en Flandre à la prière de M, de » Meaiix , et gui marquoit de la part de ce prélat » le désir sincère d'arriver à une réconciliation, » et des contre-temps qui en avaient empêché le » succès. »
Nous regreltions de n'avoir pu répandre plus de lumières sur une particularité à laquelle un juste intérêt ne nous permettoit pas de rester indifférens. Mais nous avons été plus heureux que nous n'osions l'espérer. En parcourant les papiers qui nous ont été confiés pour V Histoire de Bossuet , nous avons trouvé le récit de l'abbé de Saint- An- /fre lui-même, qui nous a fait connoître tous les détails que M""^ de la Maisonfort , nous avoit laissé ignorer. On y voit que Bossuet avoit en effet chargé l'abbé de Saint- André de faire les premières ouvertures d'une réconciliation, et que Fénélon n'a pas eu le tort de s'y être refusé. Un concours d*incidens bizarres ne permirentpas que les généreuses intentions de Bossuet arrivassent jusqu'à Fénélon,
C'est le célèbre Winslou i,^) qui nous a conservé ces détails. Il déclare les avoir copiés sur le manuscrit original de l'abbé de Saint-André '^0' Cet ecclésiastique rapporte « que le lendemain de la » Quasimodo ( 1699) M. de Meaux, se promenant » avant le dîner sur la terrasse de Germiguy avec
(«) Mts. de Vv'inslou.
(ï) Lorsque Winslou vint à Meaux, dans l'intention d'abjurer le kitliéranisme , Bossuet, avant de recevoir son abjuration , chargea fabbé de Saint- André de l'y disposer par des instructions convenables. Depuis cette époque , AVinsIou entretint des relations habituelles avec l'abbé de Saint-Aadré , jusqu'à la mort de cet ecclésiastique.
286 HISTOIRE DE EOSSUET,
» l'abbé Berrier et lui, l'abbé Berrier crut devoir » parler à M. de Meaux d'une conversation tenue î> chez le président de Lamoignon. On y avoit » beaucoup parlé de la victoire que M. de Meaux » avoit remportée sur M. de Cambrai. Ce nest pas » moi , dit le prélat , en coupant la parole à l'abbé » Berrier, c'est la vérité qui l'a remportée. L'abbé » continuant son discours, ajouta que toute la com- » pagnie avoit témoigné désirer vivement que les » prélats se réunissent pour l'édification du peu- » pie ; et que c'étoit à M. de Meaux à faire les pre- » mières avances, comme ayant poursuivi le juge- » ment, «/e V ai déjà fait ^ Monsieur, reprit M. de » Meaux avec vivacité j et il ne tiendra jamais à » moi que nous ne soyons bons amis , comme avant » la dispute. II ajouta qu'il avoit reçu depuis peu » une lettre de M. le nonce, qui lui mandoit que » M. de Cambrai portoit des plaintes contre lui, » l'accusant de décrier partout sa soumission. J'ai ») répondu , continua-t-il , que j'étois surpris que » M. de Cambrai ni imputât une fausseté comme » celle-là , et qiiil en portât des plaintes au souve^ » rain pontife par son nonce ; ce qui m'engagea v> de me plaindre a M. le duc de Beauvilliers , ami » intime de M. de Cambrai, qui savoit bien lui'- » même que je louois la soumission de ce prélat. » M. de Beauvilliers nie fît réponse qu'il lui écri' y> roit dès le lendemain , pour lui faire connoître » que des esprits mal intentionnés , ou mal infor- » mes , l'avaient surpris ^ et qu'il me communique- » roit la réponse qu'il en recevroit. Depuis ce r> temps-la , M. de Beauvilliers ne m'a adressé au- » cun signe de vie y et c'est pour cela que je vous