LIVRE HUITIEME
diences où des ministres el des hommes en place se montrent encore plus ù leur désavantage, c|ue ceux même qui sont dans la triste nécessité de réclamerleur justice ou leur bienveillance :
« («) L'un , toujours précipité , vous trouble l'es-' » prit; l'autre, avec un visage inquiet et des re- » gards incertains , vous ferme le cœur. Celui-là se » présente à vous par coutume ou par bienséance, » et il laisse vaguer ses pensées, sans que vos dis- » cours arrêtent son esprit distrait. Celui-ci plus V cruel encore, a les oreilles bouchées par ses prc- » ventions; et incapable de donner entrée aux » raisons des autres, il n'écoute que ce qu'il a dans » son cœur. Mais à la facile audience de ce sage )) magistrat, et par la tranquillité de son favorable » visage, une ame agitée se calmoit. C'est là qu'on » trouvoit ces douces réponses qui appaisent la
•'> colère, et ces paroles qu'on préfère aux dons
» C'est là qu'il paroissoit un homme que sa nature » avoit fait bienfaisant, et que la raison rendoit in- » flexible. »
Nous avons assez fait connoître les principes de Bossuet sur l'indépendance et la plénitude d'autorité qui doit appartenir dans les nionarchies au chef de l'empire , pour assurer la tranquillité publique et la prospérité dugouvernement. Ainsi son opinion ne peut pas être suspecte, lorsqu'en présence , pour ainsi dire de Louis XU^^, ou du moins des ministres dispensateurs de sa puissance, il réclame contre l'extension de ees ordres arbitraires dont la raison d'Etat rend quelquefois l'usage indispensable, mais dont l'abus est si voisin de l'injustice, que la législation effrayée et intinn'dée n'ose
V") Oraison funèbre du chancelier le Tellicrj ihld. p. 406/