‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 16 sur 154 · HISTOIRE DE B0SSÏ7ET · texte numérisé non relu

HISTOIRE DE B0SSÏ7ET

ni les proscrire , ni les consacrer. Il nous semble que Bossuet s'est expliqué sur celte question délicate, avec une justesse et une modération, qui devroient toujours être présentes aux dépositaires et aux; agens de Tautorité souveraine.

« («) Si la prudence du souverain magistrat est )> obligée quelquefois de suppléer à la prévoyance » des lois, ce doit toujours être en prenant leur ■» espiit. On ne doit jamais sortir de la règle, qu'en ■» suivant un fil qui tienne pour ainsi dire à la » règle même. »

On remarque le même amour de la justice et <]e la règle , la même indépendance de caractère dans la censure sévère que porte Bossuet contre l'extension aibitraire que le conseil d'Etat avoit souvent donnée au droit qui lui appartenoit d'aniiuUer les jugemens des tribunaux soumis à la juridiction suprême du souverain. C'étoit devant toute la magistrature assemblée, c'étoit devant les membres du conseil d'Etat présens aux funérailles du chef de la justice, qu'il s'expliquoit avec une géîiéreuse liberté , qui honoroit autant le gouvernement sous lequel il vivoit , que ses principes et son caractère.

<t (^) Combien de fois s*est-on plaint, disoit » Bossuet , que les affaires n'avoient ni règle ni î) fin; que la force des choses jugées n'étoit pres- :> que plus connue, que la compagnie où l'on renî> versoit avec tant de facilité les jugemens de « toutes les autres , ne respectoit pas davantage •>y les siens; enfin, que l€ nom du prince étoit em- » plo^'é à rendre tout incertain, et que souvent

(«) Oraison funèbre du çbaacelier k Tdlier^ iHd. p. 493»

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