‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 30 sur 154 · LIVRE nriTlEME. 6f · texte numérisé non relu

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crovoit l'entendre parler du fond de son tombeau à sa famille , à ses amis, à tous ses contemporains; et, se survivant ainsi à lui-même, donner à son siècle et à la postérité la plus auguste et la plus utile de toutes les instructions. Bossuet a obéi au vœu de son siècle comme au sentiment de son cœur, en montrant le grand Condl dans sa retraite « (") exerçant ces vertus paisibles et ces; y> communes pratiques de la vie chre'tienne , gue w Je'sus -Christ louera au dernier jour. Ce nétoit M plus cet ardent vainqueur , qui sembloit vouloir y> tout emporter..,,. Les histoires seront abolies » avec les empires , et il ne se parlera plus de ces r> faits éclaians ^ dont elles sont pleines. » Mais si la vertu n'est point un vain nom; si l'homme porte au-dedans de lui-même le sentiment intime de l'immortalité de son ame, ses vertus seules lui

commander à Testime publique. Fontenelle avoit vu la dernière moitié du xvii" siècle, et la première du xviir. Il est peut-être Thomme de lettres et l'écrivain qui marque le mieux le passage du siècle de Louis XI J^ à celui de soa successcvu. Dans son style, dans ses principes , jusque dans son caractère, ses mœurs et ses manières, il tient de Tun et de l'autre siècle. Il conserve toujours le respect de toutes les convenances et de toutes les bienséances. Jamais il n'a le mauvais goût d'insulter aux principes, ni même aux opinions j il montre plutôt de Tindulgence que de l'indifférence. L'impression des principes et des mœurs dont il avoit été témoin pendant la première partie de sa vie qui correspond au siècle de Louis XIV, avoit laissé en son esprit des traces assez profondes pour résister à l'influence des mœurs de la Régence, et à l'espèce d'indifférence qui avoit succédé à cette époque de licence et de dépravation.

(") Oraison funèbre du grand Condéj OEuyr. de Bossuet, tom. zvii; p. 552, édit. dç Vers t>ï-8".

restent pour sa consolation , lorsque le temps va finir pour lui , et que l'eternilé commence.

Le grand GoNDÉ n'avoit pas attendu pour s'occuper de ces graves pense'es , qu'il se trouvât « («) en- » tre les bras de la mort y glace' sous ses froides » mains. »

Bossuet rapporte la déclaration solennelle que ce prince fit bien peu de temps avant de rendre le dernier soupir : « (^) Je nai jamais douté des » mystères de la religion , quoi qu'on ait u'it. » Ces dernières paroles pouv oient laisser croire que dans sa jeunesse, dans la fougue des passions^ quelques traits d'indiscrétion ou de légèreté' avoient pu faire douter de ses principes. Mais lorsque le grand Condé mourant déclare « qu^il na jamais douté » des mystères de la religion , » on doit dire avec Bossuet : « [p] Chrétiens , vous devez l'en croire, M dans Vélat oii il est , il ne doit plus rien au » monde que la vérité. »

Bossuet a fait voir le grand Condé , « (^) tel quil -a fut a son dernier jour sous la main de Dieu. » Tranquille désormais sur un intérêt si cher, Bossuet va nous offrir dans cette célèbre péroraison, mille et mille fois citée et à laquelle l'antiquité n'a rien de comparable, le plus magnifique spectacle que la religion chrétienne puisse offrir dans ses jours de deuil et de douleur.

C'est au moment même où Bossuet couvre des ombres de la mort « ^^^ V éclat des plus belles vie- » toires ; c'est lorsqu'il invite à considérer le peu » qui reste de tant de naissance , de graiideur et de

(") Oraison funèbre du grand Cokdé; ibid. p. 554- — (*1 Ibid. p. 56o. — CO Ihid. — {,^)lbid. p. 063. — W Ibid. p. 56i.

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