‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 35 sur 154 · JO HISTOIRE DE BOSSUET · texte numérisé non relu

JO HISTOIRE DE BOSSUET

discutoil leurs opinions , entendoit leurs accusateurs^ e'coutoit les défenses et les explications des Qccuse's; et appuyée sur l'Ecriture et sur la tradition , elle prononçoit ses décrets.

Cette forme , prescrite par Jésus-Christ luimême, avoit été invariablement suivie depuis l'origine du christianisme; elle avoit presque toujours suffi pour remplir l'objet de sa divine institution j et quand on se rappelle cette suite innombrable de sectes qui se sont succédées, et dont les auteurs et les erreurs sont presque oubliés sans avoir laissé aucune trace sur la terre, on ne peut qu'admirer la sagesse divine qui a présidé à la constitution de î'Eglise.

Plus audacieux que tous ceux qui les avoient précédés depuis quinze siècles, les novateurs du seizième avoient tout attaqué, et prétendu tout renverser. Il est vrai que Luther annonça et promit d'abord une humble soumission au jugement <\u Pape et de l'Eglise. Mais cet homme ardent , incapable de garder aucune mesure , irrité d'un jugement qu'il avoit lui-même provoqué, se hâta de rétracter ses premiers engagcmens. Fier de ses succès, enhardi par le nom, la puissance et l'éclat de ses protecteurs, il ébranla tous les fondemens du christianisme , et porta une main téméraire à toutes les institutions de l'Eglise. 11 mit en controverse les points les plus importans de la doctrine chrétienne ; il foula aux pieds ses institutions les plus précieuses, conserva, ou retraucha à son gré des sacremens que leur origine divine et la tradition de quinze siècles avoient consacrés; Altéra , effaça , abrogea les rites les plus anciens de l'Eglise; et «'interdit à lui-même tout espoir

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