LIVRE HUITIÈME
les évënemens dont on est cont^emporain viennent se représenter à la pensée, pour être un long sujet de méditation.
En iG"/! Bossuet, alors précepteur du Dauphin, avoit été chargé d'annoncer à Louis XIV et à la Reine la mort du jeune duc d'Anjou, le second de leurs fils. Il rappelle cet événement avec un charme d'expression et de sensibilité, qui retrace les images les plus touchantes de Virgile, a («) Représentons- » nous ce Jeune prince , que les grâces semhloient » elles-mêmes avoir formé de leurs mains [par^ y> donnez-moi ces expressions), il me semble que n je vois encore tomber cette fleur. Alors, triste » messager d'un événement si funeste , je fus aussi ii le témoin de la douleur la plus pénétrante et n des plaintes les plus lamentables ; et sous des f> formes différentes , je vis une affliction sans » mesure, n
Bossuet ne néglige aucune occasion de soulever le voile qui couvroit les vertus simples et modestes d'une princesse qui avoit tous les honneurs du rang suprême sans en avoir la puissance , et la magnificence des expressions vient tromper l'imagination sur le peu d'influence qu'elle obtint à la Cour de Louis XIV, et sous un règne si fécond en grands événemens. Il la représente « (^) abais- » sant devant la divinité cette tête auguste dey> vaut laquelle s'incline tout l'univers, et sachant » pourtant se prêter au monde avec toute la di° y> gnité que demandoit sa grandeur. Les rois non » plus que le soleil, dit Bossuet, n'ont pas reçu 7> en vain l'éclat qui les environne. Il est nécessaire
(«) Oraison funèbre de Mari£-Th£RÈsej ibid. p. 4o4j 4^^' — ^) Ibid. p. 397 , 400,