‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 51 sur 154 · LIVRE NEUVIEME. ^Sf · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME. ^Sf

blié quelques années auparavant son Histoire de la rëformaliun de l'Eglise anglicane ; en parlant de Y Eglise romaine , il la représente comme une religion fondée sur lafoiissetë, élevée sur l^ imposture y et qui ne s'est agrandie que par des fouissetés et des tromperies publiques : expressions qui blessent toutes les bienséances, et que les écri\ ains protestans ont depuis long- temps le bon goût de rejeter. Bossuet se donne bien de garde d'imiter un pareil langage en parlant de V Eglise anglicane ; mais il se sert des aveux et des contradictions de Burnet pour rétablir la vérité des faits ; et c'est en s'appuyant sur les actes publics, qu'il trace les rapides révolutions qui , dans l'espace de trente ans, donnèrent au peuple anglais les règles de croyance et de discipline les plus opposées, selon le caprice et les opinions des chefs du gouvernement; car les parlemens n'étoient alors que les instrumens serviles d'un pouvoir arbitraire, toujours prêts à ériger en lois les actes de la tyrannie la plus féroce, et à envoyer à l'échafaud les mêmes hommes dont ils avoient peu de mois auparavant consacré les fureurs.

L'histoire des variations de XEglise anglicane n'avoit besoin que du récit des faits authentiques qui constatent ces variations : et Bossuet ne fait que copier Burnet lui-même en les rapportant. Il supplée seulement à ses réticences sur des événemensquecet historien a voulu couvrir d'un voiîeofficieux pour prévenir des réflexions peu favorables à quelques personnages qu'il vouloit environner d'une grande considération. Mais en rétablissant les faits supprimés ou altérés, Bossuet ne produit jamais que es autorités invoquées par Burnet lui-même. Bossutx. III. 5

Î,i8 HISTOIRE DE ROSSUET ,

Il est certain que depuis le rè-^ne de Charles II, V Eglise anglicane n'a éprouvé aucun changement extérieur très- sensible et très -important. Mais, ouvrage de la main des hommes, et n'ayant en elle-même aucun principe d'unité et de consistance, elle a toujours besoin de la main des hommes pour se maintenir et se conserver. U Eglise anglicane est plutôt une constitution politique qu'une constitution religieuse. Elle doit plus l'espèce de prépondérance dont elle jouit dans le pays où elle est établie, aux effets civils que les lois du parlement ont attachés à ses actes rehgieux, qu'à la conviction des esprits et des consciences pour la doctrine qu'elle enseigne.

Si l'on dit qu'on n'observe plus de ces étranges variations dans les professions de foi des disciples de Luther et de Calvin, la raison en est bien claire jils ont cessé de varier dans la doctrine , quand ils ont cessé d'avoir un corps de doctrine. On convient en effet assez généralement, qu'à l'exception de quelques cantons suisses, où la doctrine de Calvin, quoique très-mitigée et très-adoucie, paroît s'être maintenue, il n'existe plus de Calviniste dans la véritable acception de cette dénomination. Le calvinisme actuel de Genève n'a plus aucune conformité avec les principes fondamentaux de la doctrine de Calvin. Il paroît constant qu'il en est à peu près de même des Luthériens d'Allemagne en ce qui concerne la théologie de Luther. Etre Luthérien ou Calviniste , n'est tout simplement que n'être pas Catholique. Servet a fini par triompher dans la ville même où Calvin l'a fait expirer sur un bûcher j et toutes les communions séparées de l'Eglise romaine depuis le seizième siècle, ont fini

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