‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 57 sur 154 · LIVRE NEUVIEME. I OQ · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIEME. I OQ

» verna , ne fut guère moins considdrée que Wit- » tciii})erg, où le nouvel évangile avoil coninience'j » et il se rendit chef du second parti de la nou- » velle rélorme. »

On a parié des jactances de Luther, mais rien n'est comparable à la vanitc et à l'amour-propre de Calvin, Bossuet en rapporte de nombreux témoignages puisés dans ses propres lettres : ils peuvent seuls doimer une idée du délire où l'orgueil peut porter l'esprit humain, u («) Tout ce que les » emportemens de Luther lui ont tiré de la bou- » che, n'approche pas de ce que Calvin dit froide-

î) ment de lui-même Quoique Luther fut un des

» orateurs des plus vifs de son siècle, loin de » faire jamais semblant de se piquer d'éloquence, » il prenoit plaisir de dire qu'il étoit un pauvre » moine nourri dans l'obscurité et dans l'école , qui » ne savoit point l'art de discourir. Mais Calvin » blessé sur ce point ne se peut taire, et aux dé- » pens de sa modestie , il faut qu'il dise que per- » sonne ne s'rxplique plus précisément, ni ne rai- » sonne plus fortement que lui. - » Doniions-lui donc, puisqu'il le veut tant, cette » gloire d'avoir aussi bien écrit qu'homme de son » siècle. Mettons-le même si l'on veut au-dessus » de Luther^ car encore que Luther eût quelque » chose de plus original et de plus vif, Calvin, » inférieur pour le génie , sembloit l'avoir emporté » par Tétude. Luther triomphoil de vive voix. » Mais la plume de Calvin étoit plus correcte, » surtout en latin, et son style, qui étoit plus » triste, ptoil aussi plus suivi et plus châtié. Ils » excelloieni l'un et l'autre à parler la langue de v») Histoire des variatiom : ibid. p. 6o4, 6o5.

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