‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 61 sur 154 · ÏI2 HISTOIRE DE BOSSUET · texte numérisé non relu

ÏI2 HISTOIRE DE BOSSUET

» avolt prêche le repos, où Dieu faisoit tout, où » l'homme ne faisoit rien. Un jeune professeur de » la langue grecque entendoit débiter de si nou- » velles pensées au plus véhément et au plus vif » orateur de son siècle, avec tous les ornemens de » sa langue naturelle, et un applaudissement inoui. » C'étoit de quoi être transporté; Luther lui parut >> le plus grand de tous les hommes, un homme en- » voyé de Dieu , un prophète. Le succès inespéré » de la nouvelle réforme le confirma dans ses » pensées. Mélanthcon étoit simple et crédule; les » bons esprits le sont souvent : le voilà pris. Tous » les jeunes professeurs de belles-lettres suivent son » exemple, et Luther devient leur idole. On i'atta- » que, et peut-être avec trop d'aigreur. L'ardeur » de Mélanchlon s'échauffe, la confiance de Lu- » ther l'engage de plus en plus; et il se laisse en- » trahier à la tentation de réformer avec son maî- » tre , et les évêqnes et les papes , et les princes , et V les rois et les empereurs.

» Il est vrai, Luther s'emportoit à des excès » inouis, c'étoil un sujet de douleur à son disciple

» modéré Mais enfin l'arrogance de ce maître

» impérieux se déclara j tout le monde se soulevoit » contre lui, et même ceux qui vouloient avec lui )> réformer l'Eglise. Mille sectes impies s'élevoient » sous ses étendards; et sons le nom de réforma- ^) tion , les armes, les séditions, les guerres civiles » ravî'geoient la chrétienté. Cependant Luther w pousoit tout à bout; et ses discours ne i^isoient )) qu'aigrir les esprits, au lieu de les calmer. Il pa- »,rut tant de foiblesse dans sa conduite, et ses ex- » ces furent si étrange s, que Mélanchton ne pou- « voit plus ni les excuser, ni les supporter. Depuis

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