‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 77 sur 154 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

» vant au-dessus de Mo'ise et des patriarches, Jésus- » Clirist proscrivit à jamais la polygamie, il ne fit » que rendre au mariage la forme que Dieu lui » avoit donnée dans son origine. Car alors en bé- » nissant l'amour conjugal comme la source du i) genre humain , Dieu ne lui permit pas de s*épan- » cher sur plusieurs objets comme il arriva dans la » suite, lorsqu'un même homme eut plusieurs * femmes ; mais réduit à Tunilé de part et d'autre, » il en fit le lien sacré de deux cœurs unis. C'est » sur cette idée primitive que Jésus-CIirist réforma » le mariage; et comme disent les Pères, il se mon- » Ira le digne fils du Créateur, en rappelant les » choses au point où elles étoient à la création, » C'est sur cet immuable fondement qu'il a établi » la sainteté du mariage chrétien et le repos des n familles. La pluralité des femmes, autrefois per- » mise ou tolérée pour un temps et pour des rai- » sons particulières, fut ôtée à jamais, et tout » ensemble les divisions et les jalousies qu'elle » inlroduisoit dans les mariages les plus saints. Une » femme qui donneson cœur tout entier et à jamais, » reçoit d'un époux fidèle un pareil présent et ne » craint point d'être méprisée, ni délaissée pour » une autre ; toute la famille est unie par ce moyen, î) Les enfans sont élevés par des soins communs; et » un père qui les voit tous naître d'une même » source , leur partage également son amour, c'est » l'ordre de Jésus-Christ, et la règle que les Chré- » tiens n'ont jam.ais violée par aucun attentat. »

Bossuet ne croit pas dans cet A^'ertissement devoir traiter la question du divorce. Il s'agissoit de \di polygamie et du landgrave de Hesse, et non pas du divorce. Il se borne à exposer les étranges

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excès 011 Jurieu portoit la faculté du divorce : excès qui firent rougir les ministres protestans euxmêmes, et que Basnage se crut eu droit de de'savouer en les reprochant à Jurieu.

Bossuet oppose au alicences honteuses de Jurieu la sainte inflexibihte' de la discipline de l'Eglise catholique. « C'est une règle inviolable parmi nous, » de ne point permettre les secondes noces à l'une î) des parties , qu'après que les preuves de la mort » de l'autre sont constantes. On n*a point égard » aux captivités ni aux absences les plus longues. » Les papes, que la Réforme veut regarder comme » les auteurs du relâchement, n'ont jamais laissé » affoiblir cette discipline. »

Et donnant tout-à-coup à son style cette majesté que le génie de Bossuet imprimoit toujours aux oracles de la religion, il dit : L'Eglise parle toujours pour l'absent^ et ne permet pas quon V oublie , ni quon mette au rang des morts celui pour qui le soleil se lève encore,

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