‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 86 sur 154 · Livre neuvième. i · texte numérisé non relu

Livre neuvième. i

)) imaginer la royauté d'une autre sorte, et la » tempe'rer plus ou moins suivant le génie des na- » lions et les diverses constitutions des Etats. Il a » voulu seulement démontrer que ces exceptions î) ou limitations, loin d'être universelles, n'étoient » seulement pas connues des monarchies les plus » anciennes dont l'histoire ait conservé les m^onu- » mens. »

Telle est la doctrine de Bossuet sur un des .points les plus importans du droit public des nations. Il étoit d'autant plus nécessaire de l'exposer avec une certaine étendue, que nous avons vu une grande nation expier bien cruellement le fatal oubli de tous les principes qui assurent l'ordre , la paix et le bonheur des rois et des peuples,

XA IL — Du 6^ Ai^êrtisseTfient aux Protestans.

Ce ne fut qu'en 1691 que Bossuet publia son sixième Avertissement aux Pretestans («). Il est le plus important de tous, soit par la nature des ques^. lions qui y sont traitées , soit par la force et l'énergie des raisonnemens, soit enfin par l'étendue qu'il a donnée à leur développement.

Bossuet se vit forcé d'entrer dans la discussion d'un grand nombre de passages des premiers Pères, que le ministre Jurieu avoit altérés pour rendre suspecte la foi des premiers siècles de l'Eglise sur le mystère de la Trinité.

Jurieu , pour excuser les variations des Eglises protestantes, s'efforçoit de prouver que l'Eglise

CO OEuvres de Bossuet, tom. xxii, p. i etsuiy. édit. de Vers. t>2-8«.

iGG HISTOIRE DE BOSSUEt,

elle-même avoit varié sur le premier et le principal mystère du christianisme , celui de la trinité.

Bossuet expose dans la première partie de ce sixième Avertissement , tout ce que la théologie la plus sublime , puisée dans les écrits des premiers Pères de l'Orient et de l'Occident, nous enseigne sur ce dogme fondamental. On sent que l'analyse de cette première partie de l'ouvrage de Bossuet ne peut pas entrer dans un récit historique.

Il suffira d'observer avec lui que si, dans l'exposition que quelques Pères ont faite du mystère de la Trinité, ils ont quelquefois adopté des expressions et des similitudes qui paroissent déroger à la hauteur d'un tel mystère, on ne doit s'en prendre qu'à la foiblesse du langage humain et à l'impatient désir dont ils étoient animés de rendre, s'il sepou' voit, accessible à l'intelligence, la croyance d'un mystère qui est le fondement de toute la religion chrétienne.

Cest surtout lorsqu'on parle de ce mystère , que le scrutateur de la majesté est opprimé par la gloire.

Jurieu avoit cru blesser l'amour propre de Bossuet, en cherchant à le mettre aux prises avec deux savans modernes , dont l'autorité étoit d'un grand poids. La pureté de la foi du père Petau. Jésuite, et du célèbre liuet^ étoit aussi généralement reconnue que leur vaste érudition.

Mais il n'en étoit pas moins certain que le père Petau , dans le deuxième tome de ses Dogmes théologiques, avoit hasardé quelques expressions qui pouvoient faire supposer que plusieurs Pères de l'Eglise avoient eu, avant le concile de Nicée, des

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