‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 87 sur 154 · LIVRE NEUVIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE NEUVIÈME

opinions peu exactes sur le mystère de la Trinité. Mais ce savant Jésuite, aussi modeste que profond dans la science de l'antiquité, s'étoit empressé d'expliquer sa véritable pensée dans la prejace du troisième tome des Dogmes théologiques ^ et de rectifier ce qui avoit pu donner lieu à une fausse interprétation de ses sentimens.

Il avoit déclaré dans cette préface , « que les » anciens Pères conviennent avec nous dans le fond^ )) dans la substance du mystère de la Trinité, quoi- » que non toujours dans la manière de parler.... En » sorte que lorsqu'ils semblent s'éloigner de lious, » c'étoit avant la controverse d'Arius, avec moins î) de précautions dans leurs discours, le substantiel » de la foi demeurant le même, ou bien par une » suite des ménagemeus , des condescendances, et » comme parlent les Grecs, des économies qui » les empéchoient quelquefois de découvrir aux » Païens encore trop infirmes V intime et le secret v> du mystère avec la dernière précision et suhti^ » lité. »

Le savant Huet avoit paru également {^) accuser Origène et quelques anciens Pères d'avoir émis des opinions singulières sur le mystère de la Trinité.

Rien n'est comparable à la noblesse avec laquelle Bossuet s'élève au-dessus des misérables pensées de Jurieu. Au lieu de chercher à affoiblir l'autorité de deux hommes recommandables qu'on prétendoit lui opposer, il s'attache à exalter leur mérite, et à les justifier des inculpations auxquelles ils paroissoient avoir donné lieu. C'est dans ces

C^) Dans son édition d' Origène.

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traits presque indifféreus qui échappée t naturellement à un grand liomme, qu'on doit reconuoître riiabitude de ses senlimens et la ve'ritable empreinte de son ame.

« M. Jurieu, dit Bossuet , croit me mettre aux » mains avec les savans auteurs de ma commu- 5) nion , en proposant à chaque page le grand sa- » voir du Père Petau et de M. Hiiel , et me re- » prochant en même temps que sifavois traversé }) comme eux le pays de Vantiquite' , je n aurais » pas fait des avances si téméraires 'j mais qu aussi » je ne savais rien d'original dans V Histoire de « VEglise ^ et que je navois ni vu par moi-même » les variations des anciens, ni bien examiné les » modernes qui ont traité cette matière. Je ne veux » point disputer de savoir ni avec les vivans, ni » avec les morts; mais aussi c'est trop se moquer » de ne les faire savans que par les fautes dont » on les accuse , et de ne prouver leurs voyages » que parce qu'ils se sont déroute's, comme le pré- » tend M. Jurieu. Je lui ai montré le contraire » du père Petau y et comme ce savant Jésuite s'é- » toit expliqué lui-mcme de la manière la plus or- » thodoxe.

» Pour ce qui regarde M. Huei, avec lequel il )) veut me commettre, il se trompe. Je l'ai vu, » dès sa plus tendre jeunesse, prendre rang parmi » les savans hommes de son siècle, et depuis j'ai » eu les moyens de me confirmer dans l'opinion 0 que j'avois de son savoir durant douze ans que 3) nous avons vécu ensemble. Je suis instruit de j) ses sentimens, et je sais qu'il ne prétend pas » avoir fait arïaniser ces saints docteurs, comme

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