LIVRE NEUVIEME, I^t
» OU les séducteurs qui las im'eu'ent 3Iais r/ua
» JIJ. Jurieu dogmatise , el r/u^il prophétise tant » qu'il lui plaira. Je laisserai rcfiUer ses prophéties » au temps , et sa doctrine a lui-même. »
C'est dans ce même Avertissement que Bossuet s'explique avec franchise et dignité sur le reproche qu'on fait à l'Eglise catholique à'étre. la plus intole'ranle de toutes les sectes chré^ tiennes.
« Ce qui rend cette Eglise si odieuse aux Pro-
» testans, dit Bossuet, c'est sa sainte et indexible
» incompatibilité, si on peut parler de cette sorte j
» c'est qu'elle veut être seule , parce qu'elle se
») croit V épouse ^ titre qui ne souffre point de par-
» tage; c'est qu'elle ne peut souÉfrir qu'on révoque
» en doute aucun de ses dogmes, parce qu'elle
» croit aux promesses et à l'assistance perpétuelle
» du Saint-Esprit; c'est ce qui la rend en effet si
n sévère , si insociable , et ensuite si odieuse à toutes
» les sectes séparées, qui la plupart au commen-
» cernent ne demandoient autre chose, sinon qu'elle
» voulut bien les tolérer , ou du moins ne les pas
» frapper de ses ana thèmes. Mais la sainte sévérité
w el la sainte délicatesse de ses sentimens ne lui
» permettoient pas cette indulgence, ou plutôt
» cette mollesse et son inflexibilité qui la fait haïr
» par les sectes schismaliques, la rend chère et vé-
» nérable aux enfans de Dieu. C'est par là qu'elle
» les affermit dans une foi qui ne change pas, et
-o qu'elle leur donne l'assurance de dire en tout
» temps comme en tout lieu : Je crois l'Eglise ca-
» tholique , oit la vérité de Jésus-Christ est inimiia-
» blement enseignée ^ doctrine saus laquelle elle
» ne seroit pas, et perdroil le nom à^ Eglise catho-* » licjLie. »
Nous craindrions de de'slionorer l'histoire d'un homme tel que Bossuet, en rapportant les injures grossières que Jurieu avoit osé se permettre contre lui. Mais elles servent à faire ressortir avec plus d'éclat la vertueuse mode'ration que Bossuet opposa à des emportemens qui faisoient gémir les Prolestans les plus estimables.
Un tel exemple doit en même temps consoler tous ceux que la pureté de leurs intentions et la sincérité de leurs sentimens ne mettent pas à l'abri de ces virulentes déclamations. Qui osera se plaindre des injustices dont on peut avoir été l'objet, lorsqu'on voit Jurieu accuser Bossuet de la plus in-^ signe friponnerie ; lorsqu'on l'entend comparer Bossuet à une bêle de charge , qui tombant écrasée sous son fardeau^ crève ^ et en mourant jette des ruades pour crever ce quelle atteint,
« Je n'ai rien à répliquer à M. Jurieu, écri- » voit Bossuet, sinon qu^il a toujours de nobles » idées. Vous pouvez juger par vous-mêmes, )) mes chers frères, dit Bossuet, en s'adressant » aux Protestaus, si je me donne une seule fois » la liberté de m'épancher en des faits particu- » liers, ou de sortir des bornes d'une légitime réfu- » tation.
)) Mais pour lui, qui peut le porter à raconter » tant de faits visiblement calomnieux, qui ne font » rien à notre dispute, si ce n'est qu'il la veut » changer en une querelle d'injures j S07i zèle ^ n dit le ministre, en parlant de moi , paroît grand » pour ta divinité de Jesus-Gurist j qui nen seroiè