‹ Histoire de Bossuet, eveque de Meaux (volume 2)Chapitre 94 sur 154 · LIVRE DIXIÈME. ibj · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIÈME. ibj

sans prétendre jamais avoir déchiffré ce livre pleia de raystcres.

Bossuet entre ensuite dans l'explication des mystères que contient {'Apocalypse ^ il divise son plau en trois parties , dont la première contient les avertissemens ^ la seconde les prédictions, et la troisième les consolations et les promesses.

Son dessein n'est pas d'approfondir les différcns sens de cette célèbre prophétie, qui a si souvent et si inutilement exercé la sagacité de plus d'un homme de génie. Il se propose uniquement de montrer qu'elle a été accomplie dans une de ses parties importantes par la chute de ce colosse, qui pescit sur la terre entière. Il éloit dans l'ordre de la Providence que Rome, enii'rée du sang des martyrs , expiât ses fureurs, et qu'un empire fondé sur la bienfaisance et la charité , succédât à un empire qui n'avoit établi sa grandeur que sur l'ambition des conquêtes et la désolation de l'univers. Ainsi, roncîut Bossuet, sans préjudicier à ime nouvelle interprétation de V Apocalypse ^ on peut reconnoître qu'il en est une que la Providence a déjà accomplie.

Quant aux prophéties de V Apocalypse pour les temps à venir, Bossuet, en les regardant comme possibles, les regarde comme impénéirables « ses ^faibles lumières; et il ajoute, avec cette modestie qui sied toujours si bien au génie : « U avenir se » tourne presque toujours bien autrement que nous )) ne pensons ; et les choses mêmes que Dieu en a » ré\'élces ^ arrivent en des manières que nous nau-^ » rions jamois prévues ; quon ne me demande donc 5) rien sur l'avenir. t>

Bossuet a fait précéder son commentaire de VA-

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pocaljyse d'une savante préface , dans laquelle nous avons puisé l'analyse que nous venons de donner de cet ouvrage j mais il crut devoir y joindre un Avertissement aux Protestans sur le prétendu accomplissement des prophéties y dont Jurieu clierclîoit à les bercer.

Il se sert même des témoignages des écrivains protestans qui ont le plus honoré lu réforme par leur érudition et leur caractère, tels que Vossius, Grotius f Hammondy qui, loin de donner dans ces systèmes chimériques, les av oient forlement comhaltus. Il rappelle le trait remarquable de Bullin* ger, qui, animé d'abord des préjugés de sa secte, avoit fait tout ce qu'il avoit pu pour trouver Van* techrist dans le Pape, et Bahylone dans l'Eglise romaine, et avoit fini par établir de la manière la plus forte la même opinion que Bossuet, en rapportant les prédictions de )! Apocalypse à P\.ome idolâtre.

Au reste, on doit rendre cette justice aux Protestans. Le fanatisme de Jurieu révolta tous les membres les plus distingués de sa communion. Malgré toutes ses intrigues , malgré la crainte qu'il étoit parveim à inspirer aux ministres les plus habiles de la Hollande par l'espèce de tyrannie qu'il exerçoitsur quelques consistoires, la décence et la raison prévalurent dans les synodes de Middelbourg, de Bois-le-Duc, de Camden et de Breda , qui censurèrent le livre de Jurieu. C'est ce qu'on apprend par une lettre de Bayle à M. Minutoli, en date du 6 octobre 1692 (').

(0 JS Explication de V Apocalypse et Y Avertissement qui la suit, parurent en un seul volvime irt-S" en 1689, chez la veuY€ Scbastieft Mabre-Cramoi^y.

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