‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 109 sur 120 · LIVRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTIÈME

tisme y qui i/ont été imprimés qu'après sa mort, " Les plus grands poètes latins et français venoient consulter Bossuet sur le mérite de leurs ouvrages.

Boileau soumit à sa censure son EpUre sur tamour de Dieu,

C'est au sujet de cette E pitre sur V amour de Dieu que Bossuetécri voit à l'abbé /?e/zai/^o^( 1695): »< Si je me fusse trouvé ici, Monsieur, quand vous » m'avez honoré de votre visite, je vous aurois » proposé le pèlerinage d'Auteuil avec M. l'abbé » Boileau , pour aller entendre de la bouche in- )) spirée de M. Despréaux , V hymne céleste de Va-^ yt mour de Dieu. C'est pour mercredi, je vous in- » vite avec lui à dîner ^ après , nous irons, je vous w en conjure. »

On doit présumer queBossuet étoit plus touché du mérite du sujet que de celui de la poésie, qu'ont regrette de ne pas y trouver à un degré aussi remarquable que dans les autres compositions de Boileau (0.

Bossuet donna son approbation à V Athalie de Racine ^ dans un voyage de Fontainebleau '«) , longtemps avant qu'elle parût : et il a partagé avec

(") Mts. de Ledieu.

(0 II paroît que ce ne fut qu'à cette époque que Bossuet cotnmenra à entrer en relation avec Boileau. Il n'a pas dissimulé combien ses principes étoient opposés au genre de mérite littéraire qui avoit commencé la réputation de Boileau. On lit dans une lettre du médecin Dodard à Amauld (6 août 1694 ), que Bossuet lui avoit dit à lui-même « qu'il regardoit » la satire comme incompatible avec la religion chrétienne, >♦ et même la satire conçue sur l'idée qui résulte de celles de >» M. Despréaux. Il ne balança pas à dire que la x® satire (sur w les femmes), étoit coutiaire aux bonnes mœurs, tendoit i Bossuet. ii. i3

3r)0 HISTOIRE Dr. r.OSSUET,

Boileau le mérite d'avoir mieux jugé le cliefd'œuvre de Racine que tout le reste de ses contemporains.

On connoît les opinions assez seVères de Bossuet sur l'emploi des brillantes fictions que la mythologie des anciens a transmises aux poètes de tous les siècles. Bossuet auroit désiré que la poésie, dans son langage sublime , eut dédaigné ces frivoles orjiemens, qui avoient été imaginés pour ajouter, une dangereuse séduction aux enclianiemens d'un culte qui ne parloit qu'aux sens, et d'une religion qui n'offroit à l'adoration des peuples que des tableaux voluptueux , des souvenirs coupables et de grands scandales.il croyoit que les grandes images,

î) détourner du mariage , et à rendre toutes les femmes sus- :; pectes. »

Bossuet cloit si mécontent de cette satire, qu'il a prononcé contre elle une censiu'e aussi sévère que solennelle dans Vun de ses ouvrages, où il a allié la plus haute philosophie à la plus sublime théologale , dans son Traité de la Concupiscence.

C'est là qu'après avoir passé en revue tous les travers de l'esprit humain dans les hommes même dont le génie et les talons ont été les plus admirés par les anciens et les modernes, Bossuet observe avec douleur C") a que les poètes chréjj tiens et les beaux jesprits se sont montrés animés du même 3> esprit que les poètes profanes. La rehgion, dit-il , n'est non j; plus dans le dessein et dans la composition de leurs oui) vrages que dans ceux des Païens. Celui-là s'est mis dans 3) l'esprit de blâmer les femmes f il ne se met point en peine » s'il condamne le mariage, et s'il en éloigne ceux à qui il a » été donné comme un remède! pourvu qu'avec de beaux vers ■» il sacrifie la pudeur des femmes à son humeur satirique , e/ j> qu'il fasse de belles peintures d'actions bien souvent très- -» laides, il est content. »

r ») OEwres «ï Bcssiiet , tom. x , i>. 4oo , c'dit. de Vers. m-S".

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