‹ Histoire de Bossuet, eveque de MeauxChapitre 110 sur 120 · LIVRE SEPTiEMf. ?î)t · texte numérisé non relu

LIVRE SEPTiEMf. ?î)t

Jes nobles pensées , la richesse , la force , Toriginalité d'expressions répandues dans les livres sacrés y pouvoient suppléer avec avantage aux plus heureuses conceptions d'une poétique étrangère à la religion , à la morale , à la législation , aux habitudes des peuples modernes. 11 craignoit qu'elles ne servissent plus souvent dans la jeunesse à égarer l'imagination , et à ouvrir le cœur à la séduction des passions , qu'à inspirer ces grandes conceptions qui ont honoré quelques grands génies, auxquels il étoit bien loin de refuser son admiration. Enfin Bossuet pensoit que , si la mythologie avoit été la théologie d'une religion voluptueuse et dépravée , une religion sainte et pure devoit inspirer à des poètes élevés à une école plus sainte et plus grave , des idées , des images et des expressions plus conformes à la doctrine et à la morale qu'ils y avoient puisées.

Ce système poétique étoit digne sans doute d'un évéque tel que Bossuet; et Racine a montré dans Athalie et dans Esther, qu'en parlant le langage des écrivains sacrés, on peut être encore plus élevé et plus sublime, que les poètes de l'antiquité qui ont fait entendre le langage des dieux.

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